Christian EstrosiMonsieur le ministre de l'intérieur, il n'y a pas que les journalistes que l'on décapite : ce fut hélas le sort réservé aussi à mon ami Hervé Gourdel, alpiniste de Nice.
Hier matin, la radio RTL nous a appris qu'une note confidentielle de la direction générale de la sécurité intérieure faisait état de plusieurs tentatives d'attentats déjouées en Île-de-France, à Lille et à Nice, en mars dernier. Cette note indiquerait notamment que le carnaval de Nice, qui reçoit chaque année un million de visiteurs, aurait été visé. Vous-même, monsieur le ministre de l'intérieur, l'avez confirmé.
Pourtant, hier soir, le représentant du Gouvernement dans mon département annonçait, par un communiqué laconique, qu'aucun lien n'était établi avec cette manifestation, et ce malgré les affirmations des journalistes. Où est la vérité ? La question se pose.
Tout en saluant le travail des forces de l'ordre, qui aurait permis l'interpellation de cet individu dangereux, je ne peux accepter que la loi et la convention signée entre l'État et la ville, qui stipule que les informations les plus importantes en matière de sécurité concernant la ville sont portées immédiatement à la connaissance directe du maire par le responsable des forces de sécurité de l'État, n'aient pas été respectées. Cela aurait permis de renforcer la vigilance par l'action de la police municipale et la mise en place de portiques de sécurité, de la vidéosurveillance et de la fouille des sacs.
Tout cela ne peut que nous inquiéter, alors même que, tous les jours, vous sont adressés de nombreux signalements, à l'image de cette famille niçoise de onze personnes signalées aux autorités comme étant endoctrinées et risquant de partir faire le djihad, sans réaction de l'État.
Serions-nous passés d'un scandale d'État à un mensonge d'État ? Monsieur le ministre de l'intérieur, vous devez la vérité aux Français. Pouvez-vous leur dire si, oui ou non, cette note existe et qui se rend coupable de mensonges : les journalistes ou le représentant du Gouvernement ?