Philippe GoujonMa question s'adresse à Mme la ministre de l'éducation nationale. À l'heure où le communautarisme menace notre modèle d'intégration républicaine, il est nécessaire de défendre la laïcité avec la plus grande vigueur. L'unité nationale a toujours prévalu quand il s'est agi de garantir les valeurs de la République, de la loi de 2004 prohibant le port de signes religieux ostentatoires à l'école à la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public. Aucun républicain en effet ne saurait transiger avec l'impérieuse nécessité d'assurer à nos enfants la neutralité d'un enseignement garant de leur esprit critique.
Chacun est donc en droit d'attendre des fonctionnaires, mais aussi des collaborateurs occasionnels du service public que sont juridiquement les accompagnateurs de sorties scolaires, le respect de ces principes. Votre prédécesseur avait confirmé la circulaire Chatel permettant d'interdire de sorties scolaires les parents manifestant leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques. Alors que l'Observatoire de la laïcité a établi le lien entre la contestation du principe de laïcité, le racisme, le sexisme et le repli communautaire, vous décidez tout à coup d'autoriser la présence de mères voilées lors de sorties scolaires, alors qu'il faudrait au contraire légiférer pour renforcer l'interdiction du port de signes ostentatoires, comme nous le proposons avec Éric Ciotti. Madame la ministre, allez-vous, en contradiction avec les engagements du Président de la République lui-même, renoncer à la circulaire Chatel en vous défaussant sur les enseignants, qui auront alors la charge d'appliquer une laïcité à géométrie variable, source d'inextricables conflits et installant la discorde entre les Français ? La République à la carte, madame la ministre, ce n'est plus la République !