Yann CapetMonsieur le ministre de l'intérieur, Calais ne résume pas les questions migratoires et les questions migratoires ne résument pas davantage Calais. Mais elles y prennent un relief particulier, une dimension douloureuse, pour ne pas dire dramatique.
Cela fait plus de quinze ans que ce territoire constitue la dernière étape vers ce que les migrants qui fuient les conflits et les dictatures considèrent comme l'Eldorado anglais. Je tiens à rendre hommage à la population du Calaisis qui fait preuve de patience, de compassion et de solidarité.
Il faut également saluer les associations, qui répondent admirablement présent depuis la fermeture du centre de Sangatte, les forces de l'ordre qui interviennent dans des conditions difficiles, et plus généralement l'esprit républicain qui, au-delà des clivages politiques, anime l'ensemble des acteurs.
Mais aujourd'hui, vous le savez, monsieur le ministre, la tension monte en raison de la présence d'un nombre croissant de migrants. Des sentiments et des situations nouvelles se font jour et l'exaspération gagne les meilleures volontés au sein de la population, tandis que les conditions de survie des migrants se détériorent de jour en jour.
Il était urgent d'agir et c'est pour cette raison que vous êtes venu à Calais lundi, et non pas pour faire du spectacle ou de la récupération, à l'inverse de certains. Vous avez choisi au contraire d'aborder ce sujet avec détermination et humilité, là où d'autres, sous la majorité précédente, ont parfois préféré l'image à l'efficacité.