Catherine VautrinMadame la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, le Gouvernement veut maîtriser la dépense et simplifier l'administration : jusque-là on ne peut qu'être d'accord. Malheureusement, force est de constater que nous restons dans l'incantation. La réforme des rythmes scolaires en est une illustration supplémentaire.
Comme d'habitude avec votre majorité, c'est à la France des territoires d'assumer maintenant les conséquences de vos décisions dogmatiques. Une enquête de l'Association des maires de grandes villes de France a pointé un surcoût de l'ordre de 2 millions d'euros pour les grandes villes, et 60 % des maires du pays sont insatisfaits des procédures de gestion des aides financières. On peut comprendre pourquoi !
Pour les petites communes, c'est un véritable parcours du combattant. Voici ce que vivent les élus de ma circonscription. Le fonds d'amorçage ne couvre que partiellement les dépenses et n'est pas pérennisé au-delà de 2015-2016. L'assiette indemnisée par le fonds d'amorçage de l'État n'est pas la même que l'assiette de la CAF, ce qui fait deux démarches à effectuer.
Pour essayer d'obtenir l'argent, les communes doivent adresser avant le 30 novembre leur demande à la délégation régionale. La commune concernée est celle sur laquelle se situe l'école, mais le plus souvent la compétence scolaire est transférée à la communauté de communes : il faut donc annuler le titre et demander à la communauté de communes de récupérer les fonds. La plupart des communautés de communes rurales n'ont gardé que la compétence scolaire, le périscolaire ayant été transféré à une association. Il faut donc encore délibérer pour payer l'association concernée. Et vous reprochez aux communes d'augmenter les dépenses, de recruter de nouveaux personnels ! Je pourrais aussi parler du projet éducatif territorial, le PEDT, qui devra être élaboré l'an prochain.
Vous noterez aisément qu'un tel fonctionnement est source de lourdeurs administratives. Madame la ministre, après une réforme difficile, quand allez-vous enfin passer des paroles aux actes et simplifier les choses ?