Marie-Louise FortMonsieur le Premier ministre, il aura fallu pas moins de deux ans et demi pour que le Président de la République donne enfin son avis, à défaut de vision, sur la politique d'immigration de la France. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on n'est pas déçu !
Cela se voulait un beau discours « feuille de route » mais ce n'est en réalité qu'une succession de lieux communs et de formules éculées, cent fois rabâchées par une gauche qui n'évolue pas. Pas d'actes, pas de décisions, pas de perspectives et au final, on ne sait pas ce que le Gouvernement compte faire. Pire, aucune réponse concrète n'est apportée aux questions que se posent légitimement les Français confrontés aux réalités de notre pays, de l'Europe et du monde d'aujourd'hui.
Après avoir divisé les Français sur les problèmes sociétaux, après les avoir réunis dans un même désaveu de sa politique en général et de sa personne en particulier, voilà que le Président de la République, pour des raisons sans doute bassement électoralistes, tente à nouveau de cliver nos compatriotes plutôt que de les rassembler sur des sujets hautement importants.
S'agissant du droit de vote des étrangers, le Président de la République vous a, en réalité, monsieur le Premier ministre, adressé un message : « Je suis votre chef, donc je vous suis ! ». Évoquant une vieille promesse de campagne remisée au rang des accessoires, comme beaucoup d'autres, il vous a dit en substance : « Trouvez une majorité, nous verrons ensuite ce que nous pourrons faire ! » – manœuvre politicienne destinée à diviser pour mieux régner, mais n'est pas Machiavel qui veut et l'on sait ce que valent les ersatz !
Monsieur le Premier ministre, allez-vous tenter de réunir une majorité sur le droit de vote des étrangers ?