Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international. Monsieur le député, des incidents très graves se sont produits ces derniers jours dans plusieurs pays en réaction à la dernière couverture du journal Charlie Hebdo. Je veux à cet égard être parfaitement clair.
Tout d'abord, la France condamne avec la plus grande fermeté ces appels et ces actes violents. Concrètement, nous mettons tout en œuvre pour protéger nos concitoyens à l'étranger et pour assurer leur sécurité ainsi que celle de nos emprises. Le centre de crise du Quai d'Orsay a pris, sur ma demande, les dispositions nécessaires en ce sens, et je renouvelle l'appel à la prudence et à la vigilance.
Sur le fond, je réaffirme devant vous que la liberté d'expression est un pilier de notre démocratie et qu'il n'est évidemment pas question d'y renoncer. J'ajoute que défendre la liberté d'expression en France ne signifie pas que tout soit possible : la loi est là pour protéger chaque citoyen, et s'il y a insulte ou appel à la haine, la voie des tribunaux est ouverte car c'est à la justice de faire respecter le droit.
Défendre la liberté d'expression, ce n'est pas non plus balayer d'un revers de main les réactions qui peuvent s'exprimer dans le monde. Des sensibilités différentes existent. Mais la limite absolue à ne pas franchir, c'est la violence, qui n'est pas et ne sera jamais une pratique acceptable.
Enfin, défendre la liberté d'expression ne signifie évidemment pas pour la France vouloir insulter l'Islam. Si certains croyaient ou voulaient faire croire au monde que la France serait hostile à une religion, ce serait une imposture. Vis-à-vis de tous les pays musulmans nous menons une politique de dialogue, qui est le contraire même de l'hostilité. Quand nous combattons le djihado-terrorisme et l'islamisme radical, ce sont aussi les Musulmans que nous protégeons puisqu'ils en sont les premières victimes.
Bref, monsieur le député, la France continuera partout de porter un message de fermeté, de tolérance et de paix !