Manuel Valls, Premier ministre . À l'exception d'une période courte, entre 1998 et 2000 – et encore étions-nous loin du compte par rapport à d'autres pays –, la France s'est habituée – nous nous sommes habitués – à un chômage de masse.
Face à cette situation, il faut utiliser tous les moyens, en rappelant une évidence qu'aucun d'entre vous, à l'exception du ministre du travail, n'a rappelée jusqu'à présent : la situation que connaissent et la France et toute la zone euro. Avec une croissance autour de 0 %, vous le savez parfaitement, il est impossible de créer de l'emploi.
Tout l'effort du Gouvernement – si vous me permettez de parler de ce sujet sérieux ! – vise à soutenir la croissance et la compétitivité, au premier chef – car je ne l'ai pas entendu dans vos propos – au niveau européen, comme le rappelait tout à l'heure le secrétaire d'État aux affaires européennes.
Toutes les politiques européennes doivent être tournées vers ce but, et pas seulement à cause du changement survenu en Grèce, mais parce que des choix ont déjà été faits, qui correspondent d'ailleurs à ce que le Président de la République défend depuis deux ans : faire en sorte que l'euro soit moins fort, moins cher – c'est important pour nos entreprises ; faire en sorte que la Banque centrale européenne prenne pleinement ses responsabilités – c'est le cas, et nous avons salué les décisions de M. Draghi – et faire en sorte enfin que l'investissement soit une priorité, car sans investissement, il n'y a pas d'emploi, pas de croissance et pas de projet européen.
C'est du reste le sens des mesures annoncées par le président de la Commission européenne, qui était, je vous le rappelle, votre candidat pour ce poste lors des dernières élections européennes. Je vous demande donc là aussi de la continuité et de la cohérence. Nous pouvons tous nous retrouver sur l'idée que la croissance par l'investissement et les grands travaux en Europe doit être une priorité.
En France, pour assumer nos propres responsabilités, nous avons instauré le pacte de responsabilité et de solidarité. C'est, madame la députée, la baisse des charges que vous évoquiez et qui vient d'entrer en vigueur : zéro charges autour du SMIC. Ce sont des moyens pour les entreprises. C'est le développement du CICE.
Tout en reconnaissant, parce que c'est une réalité, que l'année 2014 a été difficile pour la France et pour les Français, notamment pour ceux qui n'ont pas d'emploi, je suis convaincu qu'avec les indicateurs dont nous disposons et avec le changement amorcé par la conjoncture internationale – qu'il s'agisse du niveau de l'euro, de la baisse des taux d'intérêt ou du prix du baril de pétrole –, oui, les choses peuvent changer ! Quant à la loi Macron – la loi pour la croissance et l'activité –, elle permet aussi de donner plus de liberté.
Bref, nous sommes en train de faire, avec nos valeurs, avec le sens de la justice et en luttant contre les inégalités, ce que vous avez été incapables de faire quand vous étiez au pouvoir.
Nous sommes fiers des mesures que nous sommes en train de prendre, car elles vont soutenir la croissance, la compétitivité et la seule priorité qui vaille : l'emploi, l'emploi, l'emploi !