Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Madame la députée Dominique Nachury, je reçois votre propos comme une contribution très bienvenue à la mobilisation actuelle autour de l'école. Je sais l'importance que vous accordez à l'institution scolaire et je vous remercie de votre engagement au sein du comité de suivi de la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, que vous venez d'évoquer.
Dans le cadre de cette dernière, d'ailleurs, bien avant les attentats, un diagnostic sur l'école avait été posé : la nécessité d'attribuer de nouveaux moyens, de créer de nouveau des postes, de restaurer la formation initiale des enseignants, laquelle avait disparu, de redonner la priorité au primaire, où s'acquièrent les principales connaissances, de réformer les programmes, réforme que nous allons poursuivre, et de réformer le collège.
Je sais que vous nous suivrez dans la mise en œuvre de toutes ces orientations, madame la députée, et je suis sensible à ce que vous dites sur la nécessité de passer d'un discours incantatoire à la réalité des faits. En effet, nous savons vous et moi qu'il ne suffit pas d'inscrire dans une directive ministérielle le respect de la laïcité à l'école et le renforcement de l'autorité des maîtres pour que cela se traduise dans la pratique.
C'est la raison pour laquelle les onze mesures annoncées la semaine dernière prévoient beaucoup d'actions concrètes ainsi que le financement requis pour leur mise en œuvre. En particulier, s'agissant de la formation continue, son financement est prévu dans le cadre d'un plan exceptionnel qui mobilisera dès à présent 1 000 formateurs aguerris sur l'ensemble du territoire. Des règles ont également été précisées sur la question de l'autorité des enseignants. Les chefs d'établissement, par exemple, devront accompagner les enseignants dans le signalement et le traitement éducatif des moindres incidents signalés pour ne plus les laisser passer.
Ce plan prévoit en outre le financement de la lutte contre la grande pauvreté qui touche certains publics de nos établissements scolaires. J'ai annoncé à cette fin une augmentation de 20 % des fonds sociaux permettant de lutter contre la pauvreté. Le renforcement de l'apprentissage du français y est également inscrit, car vous êtes bien placée pour savoir qu'un enfant qui ne maîtrise pas la lecture et l'écriture n'est pas non plus capable de formuler sa pensée.
Je pense que nous pouvons nous accorder sur ces principales orientations.