Alain SuguenotMonsieur le ministre de l'intérieur, le Conseil européen qui se réunira demain à Riga abordera notamment la question du PNR européen – que vous avez vous-même évoqué à plusieurs reprises, en particulier hier –, c'est-à-dire le fichier, dont on parle beaucoup actuellement, qui est destiné à regrouper les données des voyageurs passés par nos aéroports, dans le but de renforcer les moyens des services de renseignement.
La lutte impérative et ferme contre le terrorisme – pour reprendre les termes que vous avez employés – ne peut souffrir d'approximations, fût-ce de la part de Mme Taubira et n'en déplaise à M. le Premier ministre, ni de calculs politiciens. Nous avons noté votre soutien à la mise en place de directives ayant trait au système d'échange de données sur les passagers aériens et, comme l'a très justement relevé M. Pierre Lequiller, nous ne pouvons rester spectateurs pendant plusieurs mois de cet imbroglio qui bloque le processus, en raison surtout de l'opposition des eurodéputés socialistes, Verts et même Front national.
Plusieurs pays ont mis en place leur propre système de PNR – c'est le cas du Royaume-Uni, depuis 2008. D'autres y adhèrent également, comme la Belgique, la Suède ou le Danemark.
Cet outil est très utile, vous l'avez rappelé, car il permet de détecter des comportements inhabituels, comme l'achat d'un aller simple pour une destination sensible ou un vol réservé à la dernière minute avec des escales multiples, pour brouiller les pistes.
En France, la loi de programmation militaire permet l'exploitation de la collecte des données PNR par les services de police et de renseignement. La délégation parlementaire, dans son rapport d'activité de 2014, appelait d'ailleurs de ses vœux la mise en place d'un système « PNR France », c'est-à-dire d'un système français, en attendant le système européen.
Monsieur le ministre de l'intérieur, en attendant de convaincre vos amis politiques au Parlement européen, désirez-vous la mise en place de ce système national ou voulez-vous que nous attendions encore de longs mois, avec les risques que vous connaissez pour la sécurité de nos concitoyens ?