Jacques LamblinMonsieur le Premier ministre, la situation des entreprises du bâtiment et des travaux publics est grave. En 2014, en Lorraine, selon des sources syndicales, leur chiffre d'affaires a diminué de 28 %. Pour 2015, c'est pire. Les intérimaires ont déjà quasiment tous disparu. Certaines PME, présumées solides, déposent leur bilan. Les autres programment du chômage partiel dès le mois de mars, qui est normalement le mois de la reprise. De nombreux artisans, exsangues, font faillite.
Vous l'avez compris, cela va mal. Comment en est-on arrivé là ? Premièrement, parce qu'en engageant une réforme territoriale de façon désordonnée, vous avez plongé le pays dans un méli-mélo institutionnel qui paralyse tout. Faute de certitudes, les décisions d'investissement sont reportées.
Deuxièmement, parce qu'en refusant de verser aux communes toutes les dotations que l'État leur doit, vous détruisez leurs capacités d'investissement. Quand vous leur refusez 1 000 euros, ce sont 2 000 euros d'investissements qui disparaissent ! Mesdames, messieurs, vous avez inventé l'effet de levier à résultat inversé : jolie découverte, bravo !
Troisièmement, parce que la funeste loi Duflot, ainsi que la création de trop nombreuses normes et règles tatillonnes, vertes en général, ont découragé les investisseurs immobiliers.
Mesdames et messieurs de la majorité, tous ces choix ne résultent pas de l'héritage, mais de votre travail. Vous et vous seuls êtes responsables de ce fiasco. Encore bravo !
Monsieur le Premier ministre, maintenant que le secteur du BTP a une jambe coupée, avez-vous mieux à lui proposer que les illusoires béquilles de la loi Macron ?