Gilles SavaryMa question s'adresse à M. Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des transports, de la mer et de la pêche. Elle concerne une des difficultés sociales les plus importantes auxquelles est confronté le secteur des transports : la dérégulation totale du transport routier par l'introduction du cabotage par l'Union européenne sur les trajets internationaux.
Sur un trajet international, on peut aujourd'hui s'arrêter trois fois, charger et décharger trois fois dans un pays donné aux conditions sociales du chauffeur, qui sont celles du pays d'origine. En conséquence, la France étant le pays le plus caboté d'Europe, notre marché intérieur est concurrencé par des chauffeurs dont le salaire est cinq fois inférieur à celui des chauffeurs routiers français.
Vous avez introduit un amendement particulièrement audacieux dans le projet de loi Macron : adopté par l'Assemblée nationale, il vise à associer le cabotage au détachement des travailleurs. En conséquence, toute opération de déchargement rechargement sur notre sol se fera aux conditions salariales et sociales de la France.
C'est une avancée considérable, attendue depuis des années par 23 000 chauffeurs routiers français qui voient leur position sociale décliner, et le pavillon français décliner à l'étranger. Elle est dans la loi Macron. Il va falloir aujourd'hui la porter au plan européen.
À cet égard, votre prédécesseur, M. Frédéric Cuvillier, avait engagé un mouvement d'harmonisation sociale, par le biais d'une négociation avec onze États membres. C'est parti de Paris l'année dernière. Je voudrais savoir quelle suite vous allez donner au plan européen à cette audace française reflétée par la loi Macron, dont on dit à tort qu'elle est libérale !