Jacques MoignardMonsieur le président, ma question s'adresse à Mme la ministre des affaires sociales et de la santé. Comme de nombreux autres pays dans le monde, la France possède une tradition forte et ancrée dans notre conception du droit : elle considère que le corps humain est inviolable ; ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'aucun droit patrimonial. En conséquence, aucune rémunération ne peut être allouée à celui qui se prête au prélèvement d'éléments de son corps ou à la collecte de produits de celui-ci.
Madame la ministre, vous le savez bien, nos compatriotes sont profondément attachés à cette éthique. Le don du sang doit toujours être un acte volontaire, un acte anonyme, un acte responsable et avant tout, un acte bénévole.
Les députés du groupe RRDP, comme l'immense majorité de la représentation nationale, sont convaincus qu'il serait extrêmement regrettable de libéraliser cette doctrine. Le sang, comme les organes, ne doit en aucun cas donner lieu à une contrepartie financière ou matérielle.
À la lecture parfois confuse de la loi de financement de la Sécurité sociale, du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques ou du projet de loi relatif à la santé, les associations de donneurs de sang bénévoles s'inquiètent de certaines pressions qui s'exercent sur les pouvoirs publics.
Madame la ministre, la vérité nécessite la clarté absolue sur ce sujet sensible. Tout simplement, pouvez-vous nous assurer que la faculté du don du sang par des bénévoles ne sera jamais remise en cause ?