Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur le député, les faits que vous évoquez sont en effet d'une extrême gravité. Ils ne peuvent que choquer au plus haut point, comme l'attestent des déclarations venant de tous les bancs de cette assemblée.
Voilà un maire, un élu à qui les citoyens ont confié de grandes responsabilités, notamment la gestion de leurs écoles, qui établit des fichiers, une classification, des statistiques concernant les élèves de nos écoles en se basant sur une religion supposée, inférant d'un prénom ou d'un nom de famille une conviction religieuse. Cette pratique n'est pas seulement illégale ; vous l'avez dit, elle est contraire aux valeurs de la République. Elle fait honte au mandat qui a été confié à cet élu.
Monsieur le député, vous avez raison : la France ne distingue pas selon le prénom, le nom, la couleur de peau, la religion. La France, la République, c'est l'idéal de citoyens qui se retrouvent autour des mêmes valeurs.
S'il fallait une démonstration de ce qu'est la gestion d'une collectivité territoriale par l'extrême droite, par le Front national, la voilà faite. À une époque où l'on voudrait tout mélanger, tout confondre, où l'on voudrait brouiller les lignes, la réalité de l'extrême droite, la voilà ! L'extrême droite n'a pas changé, elle n'a rien renié de son passé ni de ses pratiques. Quand on est républicain, on doit combattre sans la moindre ambiguïté, la moindre hésitation, ces entreprises contre ce qui fait notre unité et notre cohésion, et en particulier notre bien le plus précieux : l'école.
Alors oui, il faut condamner, mais il faut aussi agir : de tels faits ne peuvent pas rester sans conséquences. C'est pourquoi la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a demandé à la rectrice de Montpellier de saisir le procureur de la République afin de protéger les élèves de cette commune et de mettre immédiatement un terme à cette pratique.
Quand il s'agit de l'essentiel, c'est-à-dire de la République, de nos valeurs, de l'avenir de nos enfants, de la concorde, de la manière de vivre ensemble, les élus de la République doivent être exemplaires. Je le dis à tous, ici, une nouvelle fois : nous avons un devoir de vigilance. La République ne se défend pas uniquement par des mots, elle se défend aussi au quotidien : il faut être intransigeant, ne rien laisser passer. Le Gouvernement sera intransigeant et il ne laissera rien passer. Il appartient maintenant au maire de Béziers de répondre de ses actes devant la justice.