Gérard MenuelMonsieur le Premier ministre, depuis hier, l'Assemblée nationale examine votre projet de loi relatif au dialogue social et à l'emploi alors même que le taux de chômage n'a jamais été aussi élevé. Avec 615 000 demandeurs d'emploi supplémentaires depuis mai 2012, votre projet de loi n'a d'emploi que le nom. Il ne fait rien pour favoriser la création des postes et inverser la courbe du chômage. Vous auriez au moins pu suivre votre ministre du travail et modifier les seuils, ou du moins les geler, car ils sont un frein à l'embauche.
Concernant le dialogue social, malgré de bien maigres avancées, votre texte cible les petites entreprises. Vous allez ouvrir leurs portes aux syndicats, alors même que le dialogue social fonctionne très bien dans les entreprises de moins de onze salariés ! En effet, ces entreprises de taille humaine sont le lieu d'un dialogue permanent entre employeurs et salariés.
Pire, la majorité de gauche de la commission des affaires sociales a encore alourdi cette mesure, déséquilibrant ainsi le texte du Gouvernement.
Les petites entreprises ne s'y trompent pas : elles ne font pas confiance à votre gouvernement. Seulement 29 % de patrons de TPE se déclarent optimistes, et ce ne sont malheureusement pas vos récentes annonces sur le compte pénibilité qui vont les rassurer.
Après deux ans de tergiversations au cours desquels l'UMP vous a toujours mis en garde, vous avez accepté quelques évolutions, mais par le biais d'amendements de dernière minute. Les dix facteurs et critères restent pourtant inchangés. Vous allez ainsi créer de nouveaux régimes sociaux de retraite alors que notre système de retraites ne peut plus se le permettre !
Monsieur le Premier ministre, quand allez-vous enfin faire confiance aux entreprises ? Quand allez-vous enfin passer des paroles aux actes ? Que répondez-vous à ces 71 % de créateurs d'emplois et à la très grande majorité des Français qui ne vous font plus confiance ?