Laure de La RaudièreD'un côté, on se glorifie du succès de la French tech au Consumer electronic show de Las Vegas, et de l'autre, on laisse crever nos territoires ruraux.
Aujourd'hui, seulement 30 % des habitations situées dans les zones rurales ont accès au très haut débit, contre plus de 65 % en ville. Mais croyez-vous vraiment qu'un collégien ou un lycéen habitant à la campagne n'a pas les mêmes besoins d'accès à la formidable base de connaissances qu'est internet qu'un collégien ou un lycéen des villes ? Croyez-vous qu'une petite entreprise industrielle ou un entrepreneur du Perche n'a pas les mêmes besoins qu'un entrepreneur de banlieue ?
Croyez-vous que les agriculteurs puissent se passer du numérique et de la révolution des objets connectés pour rendre leur exploitation plus compétitive ? Croyez-vous que nous puissions nous passer du développement de la télémédecine dans nos territoires ruraux, alors que vous les avez laissés devenir des déserts médicaux ? Alors, que faites-vous ?
Les habitants des zones rurales n'en peuvent plus d'être les oubliés de la politique numérique de ce gouvernement. Heureusement, certaines collectivités locales prennent le relais, mais vous les avez étranglées financièrement avec la baisse des dotations. L'argent prévu dans le cadre du Plan France très haut débit va manquer en 2017 pour financer l'ensemble des projets, et rien n'a été fait. Monsieur le Premier ministre, on a l'impression que vous avez baissé les bras. C'est pourtant l'une des trois attentes prioritaires de la ruralité.