Stéphane Le Foll, ministre. …visant à rejeter la responsabilité de la crise sur le ministre de l'agriculture et le Gouvernement.
Je vous rappellerai simplement les crises que nous avons traversées.
Vous avez évoqué la crise du lait, dont nous pouvons tout à fait discuter. En 2008, la décision de supprimer les quotas laitiers a entraîné un processus menant dès 2013 à une surproduction. Nous avons redressé la situation en 2014, puis elle s'est aggravée en 2015, avant de se redresser de nouveau aujourd'hui, grâce à l'action de la France et du ministre de l'agriculture – je le dis tout de même au passage –, qui a consisté à remettre de la régulation là où il n'y en avait plus. Sur ce point, monsieur le député, chacun doit assumer ses responsabilités.
Vous avez aussi évoqué d'autres crises : crise sanitaire, grippe aviaire, deux ans de suite ; crise des céréales, dont le cours, à l'échelle mondiale, s'établit à Chicago ; inondations l'an dernier, mettant en cause 30 % de la production de céréales – il est de notre responsabilité de venir en aide aux agriculteurs mais, jusqu'à nouvel ordre, je ne suis heureusement pas responsable du temps qu'il fait en France.
Pour ce qui concerne la crise bovine, avec l'actuelle épidémie de FCO – fièvre catarrhale ovine –, nous avons connu des difficultés, en effet. Il y a encore la crise porcine, en Bretagne, dont nous sortons aujourd'hui, avec des prix qui se sont redressés.
À chaque fois, nous sommes intervenus pour apporter des aides, que ce soit avec le plan de soutien à l'élevage ou avec celui de consolidation et de refinancement de l'agriculture. Je suis parfaitement conscient que ces aides ne compensent pas la baisse de prix. Néanmoins, monsieur le député, ne venez pas porter une charge aussi lourde, quand ceux qui ont pris des décisions il y a dix ans portent une part de responsabilité dans la situation actuelle.