René PilatoMonsieur le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, vous promettiez une augmentation du prix de l'électricité inférieure à 10 % ; parole tenue, vous assénez 9,8 %. Chers pauvres, vous avez sauté 100 repas en 2023 ; grâce à la bienveillance de Bercy, vous en sauterez 109,8 au lieu de 110 en 2024. Mon bon prince, les pauvres vous remercient.
En Charente, des parents isolés – très souvent des mamans – doivent choisir entre payer la facture d'électricité ou payer la cantine ; in fine, les gosses ne mangent plus à leur faim. Vous disiez : « Vive la concurrence qui fait baisser les prix » ; ils n'ont jamais été aussi hauts, et ce n'est pas fini.
Quant aux prix de vente basés sur une centrale au gaz et totalement déconnectés des prix de production, mais qui permettent de gaver les énergéticiens européens comme jamais, vos services sont-ils au courant que l'explosion des prix de l'énergie lamine les forces vives du pays ?
Monsieur Le Maire, quelque chose en France ne tourne pas rond : la sortie des tarifs réglementés, c'est vous ; les boulangeries qui ferment, c'est vous ; les très petites, petites et moyennes entreprises en difficulté, c'est encore vous ; les communes qui rognent sur le social, c'est toujours vous ; l'explosion de la pauvreté dans le pays, ça se sait que c'est vous !
Jusqu'où allez-vous affamer et tondre la population pour que les Arnault, Bettencourt, Mulliez et Pouyanné, les quarante-trois milliardaires qui ont doublé leur fortune en dix ans, soient protégés ? Renoncer à cette hausse de 10 % du prix de l'électricité est une décision politique : celle d'être au service du peuple et non de quelques-uns.
Ma question est simple : allez-vous renoncer à votre hausse d'impôts et trouver l'argent ailleurs, en taxant les superprofits des énergéticiens, par exemple ?