Fleur Pellerin,
Ministère de la culture et de la communication •
17 janv. 2017La politique publique de mise en valeur des langues régionales concerne le patrimoine linguistique national dans son ensemble, quels que soient les principes de classification ou de dénomination retenus. Les langues d'oïl, et parmi elles le picard, sont donc naturellement comprises dans cet ensemble. Le comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne, réuni en 2013, rappelait clairement dès le début de son rapport que la liste des langues de France établie en 1999 avait permis la reconnaissance de plusieurs langues d'oïl comme langues à part entière. Si le même rapport déclarait aussi que « les langues d'oïl ont naturellement leur place dans le cours de français », c'était pour affirmer qu'il serait profitable de tirer parti de leur proximité de structure et de lexique vis-à-vis du français. Cela n'en fait pas de simples variantes du français. À l'égard du picard comme des autres langues régionales, le ministère de la culture et de la communication continue de mener une politique de valorisation qui s'organise autour de quelques objectifs prioritaires : aide à l'équipement linguistique, à l'édition et à l'animation culturelle, soutien à la création artistique, ancrage dans les usages contemporains à travers l'Internet et les nouvelles technologies. Le principe directeur de cette action est l'encouragement au plurilinguisme vu comme source de créativité intellectuelle et culturelle.