Christophe CavardMonsieur le Premier ministre, ce matin, une vague d'attentats-suicides a semé l'horreur et la désolation à Bruxelles. En Syrie, en Égypte, en Libye et en Tunisie, c'est le monde arabe qui est attaqué. À Bamako hier, à Bruxelles aujourd'hui, c'est l'Europe qui est frappée au cœur. Bruxelles n'est pas seulement le siège de l'Union européenne ; elle est la capitale d'une société ouverte et tolérante, un carrefour de cultures. Voilà ce que les terroristes veulent ébranler. En mon nom et en celui des membres de mon groupe, j'adresse toute notre fraternité et toute notre compassion à nos amis belges, aux Bruxellois et aux milliers de gens qui chaque jour vont et viennent à Bruxelles. Nous sommes avec eux comme ils sont avec nous lorsque nous sommes touchés. Il est difficile de ne pas établir un lien entre cette vague d'attentats et l'arrestation de Salah Abdeslam, fruit d'une coopération inédite entre les services belges et français.
France, Belgique, Europe : c'est une communauté de destin qui est attaquée ; c'est une communauté de destin qui doit répondre. En ce jour de deuil et d'effroi, nous ne pouvons pas seulement attendre des réponses nationales, que nous savons aussi prêtes que possible dans ce contexte dont on ne peut plus nier qu'il est à très haut risque. La coopération européenne en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme ne peut plus attendre. Nous devons nous engager dans la création d'un service de renseignement européen. Il est urgent de coordonner nos services de police, de justice, de renseignement et de secours aux victimes. Monsieur le Premier ministre, quel sera notre rôle dans le soutien à la Belgique ? Quel sera notre rôle dans l'évolution de l'Europe face à des risques désormais évidents ?