Myriam El Khomri, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Monsieur le député, le Premier ministre a demandé à Robert Badinter, dans le cadre d'une mission, d'ériger les grands principes du droit du travail à droit constant. Dans la version qui sera présentée demain en Conseil des ministres, ces principes n'intégreront pas le code du travail – ni aujourd'hui, ni demain. C'est donc là une première contrevérité.
Ces principes doivent guider la commission de réécriture du code du travail jusqu'à l'horizon 2019. Vous faites ici référence au sixième principe porté par la commission Badinter , selon lequel, en effet, la liberté d'exprimer ses convictions, y compris religieuses, peut être limitée par l'employeur pour les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et pour l'exercice d'autres libertés fondamentales des collègues de travail.
Cessons donc de propager une deuxième contrevérité : ce principe est l'état du droit actuel. C'est la stricte reprise de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, du Conseil d'État et de la Cour de cassation. Ma loi n'apporte aucun changement, aucune évolution par rapport au droit actuel.
Il y aura un débat parlementaire. Tous les députés peuvent évidemment modifier l'expression du droit actuel – vous en avez, bien sûr, la liberté –, mais ne faisons pas croire que ce principe apporte une évolution du droit actuel.
Par ailleurs, la gestion du fait religieux en entreprise demande un vrai travail, que nous menons avec les partenaires sociaux.
Monsieur Copé, puisque vous souhaitez faire de la politique autrement , cessez donc ces polémiques artificielles, aussi peu digestes que celle des pains au chocolat !