Axel PoniatowskiIl n'est pas là, je vous la pose donc, monsieur le Premier ministre.
L'année 2015 restera dans l'histoire de l'industrie française comme celle au cours de laquelle trois géants de l'industrie – Lafarge, Alstom et Alcatel – seront passés sous contrôle étranger.
Ce coup de tonnerre est révélateur des faiblesses de notre économie. Est en cause une politique qui a considérablement dégradé la compétitivité de nos entreprises, qui n'ont plus les moyens ni d'investir ni de reconstituer leurs fonds propres. Les dossiers industriels s'accumulent : Orange, EDF, Air France, Renault, Peugeot, Bouygues et bien d'autres.
Et voilà à présent que nous apprenons la vente par le consortium franco-allemand Airbus Group de toute son électronique de défense, pour plus de 1 milliard d'euros, contrairement à la préconisation du président de l'époque, M. Louis Gallois, dans son plan « Vision 2020 ».
En outre, cette cession a été consentie non pas au français Thales, qui était sur les rangs – et qui vient, comme l'a rappelé le ministre de la défense, de contribuer largement au succès de DCNS en Australie – mais à KKR, un fonds d'investissement américain spécialisé dans l'immobilier, la finance et les chariots élévateurs.