Najat Vallaud-Belkacem, ministre. Si je vous dis cela, c'est parce qu'on a bien pu sentir, dans les débats qui ont entouré la réforme de l'enseignement de l'histoire, ces derniers mois, que se cachait trop souvent cette tentation de fabriquer une histoire qui serve des idéologies ou des conflits politiques.
C'est la raison pour laquelle le choix que nous avons fait, qui était du reste inscrit dans la loi de refondation de l'école, en 2013, n'a pas consisté à ce que le pouvoir politique écrive l'enseignement de l'histoire, mais à confier cette mission fondamentale à une commission d'experts : le Conseil supérieur des programmes, des experts, des intellectuels, des membres de la représentation nationale qui, en toute indépendance, ont rédigé ce programme d'histoire, comme l'ensemble des programmes de la scolarité obligatoire.
Venons-en maintenant au contenu de ces nouveaux programmes, puisque vous les avez mis en accusation. Pour ce qui concerne, d'abord, l'école primaire, notre histoire nationale est absolument centrale dans ce qu'on apprend aux enfants. Pour le collège, l'histoire nationale est toujours le fil conducteur de l'enseignement d'histoire, mais vous comprendrez aussi qu'à ce stade de la scolarité, on veuille apprendre aux élèves ce que sont les histoires d'autres sociétés et d'autres pays, en particulier de ceux avec lesquels la France nourrit des relations étroites.