Dominique TianMonsieur le Premier ministre, mes chers collègues, le Sénat examine actuellement l'article 3 de la loi travail, dans un climat constructif. En même temps, M. le président du groupe socialiste a déjà indiqué qu'il souhaitait le recours à l'article 49-3 de la Constitution pour éviter les débats en seconde lecture à l'Assemblée nationale. Les propos de M. Le Roux expriment à l'égard du Sénat un mépris qu'il conviendrait de qualifier et qui est à peu près le même que celui que le Gouvernement a manifesté envers les syndicats dans le cadre de la préparation de la loi El Khomri.
Le débat, s'il est serein au Sénat, l'est beaucoup moins dans la rue, comme vous le savez, alors que notre pays est sous le régime de l'état d'urgence et qu'il organise l'Euro de football. Un palier a été franchi avec la manifestation du 14 juin, d'une violence inégalée – avec des vitrines de banques, des magasins et des abribus endommagés, des voitures brûlées et, bien sûr, l'hôpital Necker victime de dégradations importantes.
À propos des violences à Necker, de nombreuses questions se posent. Les syndicats de policiers ont dénoncé l'absence d'ordres de la part de leur hiérarchie. Est-ce volontairement, monsieur le Premier ministre, que le Gouvernement n'a pas donné de directives et pourquoi ces groupes d'extrême gauche ne sont-ils pas dissous ?
Mes inquiétudes portent sur la journée de jeudi prochain, pour laquelle, dans l'improvisation la plus totale, le Gouvernement, faute de pouvoir neutraliser les casseurs, en est réduit à vouloir imposer, contre l'avis des syndicats, une manifestation statique. Monsieur le Premier ministre, comment allez-vous faire pour donner des instructions claires aux forces de police, qui ne demandent que cela ?