Manuel Valls, Premier ministre. De la part de quelqu'un qui se réclame d'une formation gaulliste, votre position est du reste assez étonnante, car la Constitution nous permet de faire adopter des textes en engageant la responsabilité du Gouvernement. C'est la Constitution : une ou plusieurs motions de censure peuvent être déposées ; si elles sont adoptées – c'est arrivé une fois sous la Ve République –, chacun en tire les conséquences.
Je respecte la Constitution et il n'y a pas de majorité alternative, notamment sur ce texte. En effet, les critiques exprimées à l'égard de la loi travail défendue par Myriam El Khomri sont de nature différentes : certains lui reprochent d'être vide et proposent leur projet – ce qui est tout à fait normal et c'est ce que nous avons vu au Sénat –, tandis que d'autres lui reprochent d'en faire trop et expriment leur opposition, ici au Parlement ou dans la rue.
Dans ces moments difficiles pour le monde, pour l'Europe à la suite du Brexit et pour notre pays compte tenu des défis qu'il affronte, vous décrivez, en dépit de résultats économiques qui vont aujourd'hui dans le bon sens et de la maîtrise que nous avons de la situation – à propos de laquelle le ministre de l'intérieur aurait du reste pu lui aussi vous répondre –, une situation caricaturale, ce qui est, je le sais bien, le jeu de l'opposition.
On pourrait pourtant évoquer ceux qui proposaient par exemple, voici quelques semaines, de supprimer les fans zones », voire de reporter l'Euro de football, ou encore, voici quelques mois, d'annuler la COP21.