Jean LeonettiMonsieur le président, mes chers collègues, je voudrais tout d'abord rappeler très respectueusement au Gouvernement qu'il gouverne et qu'il a la majorité. À force de rappeler qu'il y a une primaire à droite, il risque d'oublier qu'il y en a une à gauche, d'une autre nature… Il devrait aussi se poser cette question : auriez-vous déjà accepté votre défaite ?
Ma question s'adresse à Mme Marisol Touraine, ministre de la santé.
Loin des satisfactions que vous avez exprimées, un malaise profond s'est installé peu à peu au sein des professions médicales. Malaise d'abord des médecins de ville, qui se sont vu imposer le tiers payant alors qu'ils croulent déjà sous les tâches administratives. Malaise de l'hospitalisation privée, qui s'est trouvée totalement exclue de la mission de service public de santé. Malaise des infirmières, qui ont interpellé l'opinion publique de manière dramatique – il y a eu des suicides cet été –, et qui ont souligné la pénibilité de leur mission. Malaise enfin des médecins des hôpitaux, qui ont été contraints à la grève pour rappeler que 30 % des postes restent vacants, ce qui montre le peu d'attractivité de la médecine hospitalière.
Quelle est la cause de ce malaise ? C'est le manque de considération, le manque de confiance et le manque de dialogue qui président à toutes les décisions qui sont prises.