Marie-Jo ZimmermannMonsieur le Premier ministre, notre industrie automobile doit faire face à la concurrence des autres pays de l'Union européenne. Il faut donc la protéger en évitant de modifier trop brutalement la fiscalité comme on le constate avec le diesel. Le groupe PSA vient d'annoncer des mesures de restructuration qui concernent plus de 2 000 emplois : elles s'expliquent en partie par les mesures fiscales prises à l'encontre du diesel. Le diesel est pourtant l'un des points forts des constructeurs automobiles français. La plus grande usine de moteurs diesel au monde se trouve en France, à Trémery.
Or les investissements dans l'automobile sont très importants et ne s'amortissent que sur une période longue. C'est pourquoi la mission d'information sur l'offre automobile française demande que l'alignement fiscal soit étalé sur cinq ans, comme un minimum incompressible. Le ministre du budget avait d'ailleurs accepté ce principe.
Les anciens véhicules diesel, je le concède, étaient polluants, mais il est regrettable qu'on s'appuie sur eux et sur le problème de Volkswagen pour justifier l'explosion de la fiscalité, d'autant que les constructeurs français ont considérablement amélioré les nouveaux moteurs et qu'aujourd'hui un moteur diesel rejette deux fois moins de gaz à effet de serre qu'un moteur à essence.
Dans ces conditions, l'annonce par la ministre de l'environnement d'un alignement fiscal sur deux ans est une aberration économique. Notre industrie a besoin de temps pour adapter ses usines, faute de quoi on risque de casser une dynamique et de poser un problème à notre industrie automobile au sein du marché européen. Une fois de plus, nous sommes en présence d'incohérences gouvernementales.
Monsieur le Premier ministre, je vous demande de me répondre clairement : la convergence fiscale entre le diesel et l'essence sera-t-elle étalée sur cinq ans ou sur deux ans ? Dans ce dernier cas, le secteur automobile ne sera plus compétitif.