Élie AboudMonsieur le ministre de l'intérieur, non, les policiers biterrois, ni les autres d'ailleurs, ne réclament pas plus d'argent : ils veulent juste être respectés.
Après l'attaque, lâche, de quatre policiers le 8 octobre dernier à Viry-Châtillon, ayant brûlé gravement deux d'entre eux, c'est toute la France républicaine qui a été profondément choquée et meurtrie. D'ailleurs, à Lyon, à Dijon, nos policiers ont subi à peu près le même sort.
Jusqu'à présent, la France souffrait, doutait, mais les Français s'en remettaient traditionnellement à la solidité de nos forces de l'ordre. Or, les Français découvrent avec peine que les policiers n'ont pas suffisamment de moyens pour remplir leurs missions. Depuis maintenant plusieurs semaines, ces derniers défilent et interpellent les pouvoirs publics à ce sujet. Ce week-end, plus de 500 policiers et citoyens se sont rassemblées devant le commissariat de Béziers. Sur fond de Marseillaise, ils ont ensemble réclamé le respect.
Monsieur le ministre, quand la République est attaquée, il faut lui donner les moyens de se défendre. Je voudrais dire ici - et certainement au nom de beaucoup de mes collègues sur nos bancs et sur les bancs d'en face - à nos policiers, à nos gendarmes, tout notre respect, toute notre reconnaissance.
À Béziers, par exemple, les policiers manquent de tout, monsieur le ministre : véhicules anciens, matériel obsolète, locaux vétustes et particulièrement inadaptés à leurs nouvelles missions. Être trois dans un bureau pour interroger une victime ou un malfaiteur, c'est inadmissible. On le sait, vous le savez, le commissariat est quasi insalubre. Vous en avez promis l'extension d'ici à la fin de 2016. Il nous reste quelques semaines, monsieur le ministre. À Béziers comme ailleurs, qu'allez-vous faire pour notre police ?