Clotilde Valter,
Secrétariat d’Etat, auprès du ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, chargé de la formation professionnelle et de l’apprentissage •
20 sept. 2016Les jeunes travailleurs (salariés et stagiaires de moins de 18 ans), dont font partie les apprentis mineurs, relèvent de dispositions particulières au sein du code du travail. Ces dispositions forment un régime globalement plus protecteur que le régime de droit commun. Il est notamment prévu qu'ils ne peuvent être employés à un travail effectif excédant 8h par jour et 35 h par semaine. Il est cependant possible d'y déroger à titre exceptionnel, sur accord de l'inspecteur du travail et après avis conforme du médecin du travail, dans la limite de 5h supplémentaires par semaine. Ce régime, certes plus contraignant pour l'employeur, est justifié par le souci de préserver la santé et la sécurité des apprentis mineurs. Par ailleurs, l'ensemble de ces dispositions s'inscrit dans le respect de la directive 94/33/CE relative à la protection des jeunes au travail, qui prévoit notamment à son article 7§2 que le temps de travail des adolescents est limité à huit heures par jour et à quarante heures par semaine, des dérogations étant possibles seulement à titre d'exception. La formation en apprentissage doit donc à la fois permettre aux jeunes, en formation, d'apprendre dans des conditions d'exercice très proches de celles de leur métier futur mais aussi tenir compte de la nécessité de protéger ces jeunes travailleurs. Dans le cadre du projet de loi relatif au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, il avait été proposé d'adapter la réglementation dans le secteur des travaux publics pour tenir compte du fait que souvent les employeurs du secteur du BTP assurent un transport collectif des salariés sur les chantiers. Cependant, il n'y a pas eu de consensus entre les partenaires sociaux, sur la question de l'adaptation du temps de travail des apprentis. Or, s'agissant de jeunes âgés de moins de 18 ans, il est essentiel que les modifications en matière de durée du travail donnent lieu à une concertation et à des propositions partagées. Aussi, la législation n'a pas été modifiée.