Ségolène Royal,
Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat •
30 août 2016Le lynx est en France une espèce « strictement protégée ». Au niveau international, il est protégé au sens de la Convention de Berne et au sens de la directive 92/43/CEE dite « habitat faune flore » où il est classé « prioritaire d'intérêt communautaire » en annexe II et IV. Dans le droit national, ces dispositions sont transcrites dans le code de l'environnement aux articles L. 411-1, L. 411-2 et R. 411-1 à R. 411-5 et par l'arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection. La situation sensible du lynx dans le massif des Vosges a été clairement identifiée et le ministère chargé de l'environnement a confié depuis 3 ans à l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) une mission de suivi intensif de la population afin de connaître précisément l'état de la population sur ce massif. L'installation de pièges photographiques pendant l'hiver 2015 a permis de constater que la présence du lynx est trop faible pour être repérée. Si la présence du lynx ne peut être exclue, il est établi que sa densité d'occupation est beaucoup plus faible que celle observée par les pièges photographiques similaires dans le massif du Jura. Cette situation critique est toutefois susceptible de connaître une évolution favorable grâce au programme européen LIFE+. En effet, dans ce cadre, un programme de réintroduction sur 6 ans de lynx dans le massif du palatinat a été établi par l'Allemagne, concernant une vingtaine d'individus devant être relâchés à partir de 2016. Des échanges techniques étroits entre les partenaires français et allemands ont eu lieu afin de favoriser l'expansion du lynx dans tous les territoires favorables et d'assurer leur suivi et leur protection. Cette opération intervient à une période où la population jurassienne de lynx commence à étendre son aire de répartition vers le nord, offrant la possibilité à des individus de se disperser vers le sud du Massif des Vosges. La prévention contre le braconnage sera renforcée afin de permettre une implantation optimale des individus. En dernier lieu, sur la demande du ministère chargé de l'environnement, considérant la fragilité de l'espèce, une étude technique sur les risques routiers portant sur tous les sites de colonisation du lynx a été rendue par le centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), les collisions étant une cause importante de mortalité de l'espèce. Les actions qui découleront de cette étude sont de nature à améliorer les enjeux de connectivité écologique qui s'attachent à l'espèce dans la perspective de sa dispersion sur le territoire. Le suivi intensif des populations sera reconduit au cours de l'hiver 2016/2017 afin de mesurer les effets des relâchers de lynx et les déplacements d'individus en provenance du Jura.