À Marisol Touraine,
Ministère des affaires sociales et de la santé, 🧭Gouvernement Valls 2
M. François Loncle alerte Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur l'extension du trafic international d'organes. Dans le contexte de la mondialisation des échanges, du développement d'Internet et des nouvelles technologies médicales, la marchandisation du corps humain ne cesse de prendre une ampleur de plus en plus inquiétante, au point que le scientifique Jean-Daniel Rainhorn n'hésite pas à la qualifier de « cannibalisme ». Ces marchés en pleine expansion génèrent des profits considérables et s'appuient sur des individus peu scrupuleux, notamment des médecins, et favorisent des réseaux criminels. Ce phénomène reste toutefois difficile à appréhender. Néanmoins, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime, par exemple, que de 10 % à 20 % des greffes de rein pratiquées chaque année dans le monde sont effectuées avec un organe d'origine illégale. Cela représente tout de même 6 000 transplantations annuelles. Ce trafic révoltant concerne particulièrement l'Inde, le Pakistan, la Chine où seraient réalisés sur des prisonniers des prélèvements forcés de cœurs, de poumons, de foies, de reins, de cornées, de peau. Un quartier pauvre de Manille (Philippines) est même surnommé « One Kidney Island », en référence au nombre important de ses habitants ayant vendu un rein. Il voudrait connaître les mesures de lutte, tant nationales qu'internationales, contre des pratiques médicales qui portent gravement atteinte à l'intégrité du corps et à la dignité humaine. Il souhaite savoir comment elle envisage de réduire, voire d'éradiquer, le commerce illégal des organes qui s'oppose au concept honorable du don d'organe.