Hélène Geoffroy,
Secrétariat d’Etat, auprès du ministère de la ville, de la jeunesse et des sports, chargé de la ville •
11 oct. 2016Les insectes pollinisateurs subissent depuis de nombreuses années des pertes importantes d'effectifs. Sauvegarder ces espèces constitue une des priorités du ministère chargé de l'environnement. En témoigne le plan national d'actions « France, terre de pollinisateurs » pour la préservation des abeilles et des insectes pollinisateurs sauvages (PNA), rendu public cette année et qui s'inscrit pleinement dans l'impulsion donnée à la protection de la biodiversité par le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Ce plan national d'actions appelle à la mobilisation de tous en faveur de ces espèces d'insectes. Chaque gestionnaire d'espace est incité à participer à l'effort collectif en mettant en œuvre de bonnes pratiques en leur faveur. Il s'agit principalement de leur apporter de bonnes conditions pour leur habitat et leur nidification, ainsi qu'en quantités suffisantes, la ressource florale qui est la base de leur alimentation et qui leur manque. Le plan national vise ainsi à préserver ou à restaurer pour ces espèces un réseau dense d'habitats et d'espaces fleuris de qualité dans la matrice paysagère. Les décideurs de projets, notamment urbains, qui conduisent à des changements d'utilisation des sols et à une fragmentation de l'habitat de ces espèces d'insectes sont invités à intégrer dans leurs projets les préconisations de ce PNA et à leur conserver des espaces de vie. L'espace urbain existant peut en outre participer à l'offre en habitat et en fleurs à l'intention des insectes pollinisateurs. Il peut, comme dans les espaces ruraux et forestiers, préserver les continuités écologiques pour que les insectes pollinisateurs puissent se déplacer à leur gré. Il convient en tout état de cause de procurer aux insectes une flore sauvage, locale, appropriée, en particulier à certaines périodes. Les villes françaises peuvent s'approprier une telle démarche sur leur territoire et le ministère chargé de l'environnement les encourage à le faire grâce au PNA. Il convient donc de faire connaître largement ce PNA. Le ministère chargé de l'environnement et l'animateur du plan, l'office pour les insectes et leur environnement (OPIE), s'y emploient. Une autre opération, menée sur une dizaine de communes du territoire du Grand Lyon dans le cadre du programme européen « life+ biodiversité » et appelée « urbanbees », avec le soutien du ministère chargé de l'environnement, la région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon, peut être mise en valeur. Mise en œuvre par l'institut national de la recherche agronomique et l'association naturaliste Arthropologia, elle vise concrètement à maintenir et même augmenter la diversité et l'abondance des abeilles sauvages en milieux urbains et périurbains avec notamment la mise en place d'aménagements favorables à la nidification et l'alimentation des abeilles sauvages. Un guide de gestion écologique en faveur des abeilles sauvages et de la nature en ville est mis à la disposition de toutes les communes françaises.