Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur le député, je veux saluer le parcours qui a été le vôtre dans cet hémicycle. Nous nous sommes côtoyés lorsque vous étiez dans la majorité ou au Gouvernement et moi dans l'opposition. Aujourd'hui, vous êtes dans l'opposition mais, au moment où vous quittez cette assemblée, je veux saluer l'engagement qui a été le vôtre, avec vos convictions. Si nous avons eu parfois, souvent même, des points de vue opposés, vous et moi, vous comme maire de Nice, moi comme ministre de l'intérieur, nous avons toujours travaillé, me semble-t-il, au-delà de ces convictions, dans le sens de l'intérêt général. C'est pourquoi je veux saluer votre parcours comme parlementaire de la République.
Monsieur Estrosi, vous nous appelez à l'unité nationale. Bien sûr, l'unité nationale, ce n'est jamais gommer les différences ni la confrontation démocratique. C'est la démocratie que les terroristes ont voulu attaquer, une démocratie dont on conteste souvent, dans certains cercles, les fondements même. Or cette démocratie, nous la faisons vivre et elle bat ici, à l'Assemblée nationale, dans cet hémicycle.
Pourtant, il faut avancer dans la voie de l'unité nationale. Je pense que nous avons deux opportunités possibles, au-delà des pistes que vous-même avez tracées. La première vous concerne directement, comme président de région, et compte tenu des conditions dans lesquelles vous avez été élu. J'ai salué avec d'autres ce rassemblement face à l'extrême droite que vous avez porté entre les deux tours de l'élection régionale. Sur l'emploi, la formation, le développement économique et les transports, je suis convaincu que, dans un dialogue qui ira bien au-delà de ce début de mandature pour vous et tous vos collègues, l'État et les régions doivent bâtir un autre partenariat, une autre étape de la décentralisation et une autre manière de travailler ensemble, compte tenu des compétences des régions.
La seconde opportunité est l'unité nationale dans la lutte contre le terrorisme. Je constate que les deux lois antiterroristes que nous avons présentées avec Bernard Cazeneuve depuis 2012 ont été adoptées, ici, à l'Assemblée nationale, avec une très large majorité, dont vous faisiez partie. Deux lois sur le renseignement ont été adoptées dans les mêmes conditions. Un projet de loi sur la procédure pénale est engagé : vous l'avez également voté. Enfin, des moyens supplémentaires pour nos forces de l'ordre et pour nos forces armées ont été votés. Chacun s'accorde à dire qu'il faudra mettre des moyens considérables pour assurer la sécurité de nos concitoyens et lutter contre le terrorisme. Je pense que, sur ces bases-là, nous pourrons aller plus loin chaque fois que l'unité et le rassemblement s'imposeront. Je ne doute pas que vous serez au rendez-vous.