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le président

La parole est à Mme Dominique Nachury, pour le groupe Les Républicains.
Dominique Nachury

Ma question s'adresse à Mme la ministre de l'éducation nationale.

C'est vrai, madame la ministre, nous revenons souvent sur le sujet, mais la question est répétée parce qu'elle ne reçoit aucune réponse argumentée.

Votre réforme du collège a suscité et suscite toujours de nombreuses critiques que vous méprisez. Elle demande de nombreux éclaircissements que vous n'apportez toujours pas. Et c'est non pas notre surdité ou notre inattention mais bien votre attachement aveugle à quelques concepts et votre absence de vision pragmatique de l'état réel du collège qui font que votre réforme ne passe pas.

Les enseignements pratiques interdisciplinaires et l'accompagnement personnalisé sont mal appréhendés ; le service partagé pose problème dans les petits établissements ; des inégalités territoriales sont créées, notamment au regard des classes bi-langues, et pointe le risque d'un ajustement des moyens des lycées pour permettre la mise en œuvre de la réforme du collège.

À Marseille, récemment, vous avez jugé essentiel qu'existent et que soient écoutés des lanceurs d'alerte qui, connaissant le terrain, interpellent les responsables.

Alors pourquoi êtes-vous sourde face aux enseignants inquiets qui envisagent de boycotter surveillance, correction d'examens et conseils de classe, ou encore d'entrer en résistance pédagogique ? Pourquoi êtes-vous sourde face aux parents d'élèves qui, dans tous les coins de France, sont nombreux à signer des appels contre votre réforme ?

Madame la ministre, vous comptez sans doute sur la résignation et la lassitude des enseignants, des parents, de tous les acteurs de l'éducation, mais pensez-vous vraiment que cela suffira à donner à votre réforme les qualités qui lui manquent et à répondre aux exigences de niveau et de formation des collégiens ?
le président

La parole est à Mme la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Najat Vallaud-Belkacem,
ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Je vous remercie, madame la députée, d'avoir évoqué Marseille. C'est en effet une très belle illustration de ce que nous sommes capables de faire lorsque nous prenons les sujets au sérieux, pour changer, notamment celui de l'école.

Non, il n'était pas acceptable que, dans une ville de cette taille, autant d'enfants aillent dans des écoles délabrées. Nous avons décidé d'intervenir avec fermeté mais dans le dialogue avec la ville de Marseille, et nous réalisons enfin les travaux qui auraient dû être faits depuis des années, parce que la ville de Marseille, certes, a accepté de mettre quelques moyens, mais aussi parce que l'État, avec sa politique de la ville – et je remercie Patrick Kanner – a accepté d'en mettre aussi. C'est au fond l'illustration de tout ce que nous faisons en matière d'éducation.

Je pourrais prendre les deux minutes qui me sont accordées pour vous expliquer à nouveau en quoi va consister la réforme du collège mais, honnêtement, cette question, vous me l'avez posée souvent, et je crois vous avoir apporté toutes les réponses. Vous verrez à la rentrée prochaine, lorsqu'elle entrera en vigueur, ce à quoi tous les établissements se préparent, qu'elle est faite dans l'intérêt des enfants.

Je vais vous répondre plus généralement, madame la députée, puisque la réussite scolaire de nos élèves partout sur le territoire semble vous intéresser.
Christian Jacob

Ce n'est pas possible ! Pour qui se prend-elle ?
Najat Vallaud-Belkacem,
ministre.
Qu'avons-nous trouvé en matière éducative lorsque nous sommes arrivés en 2012, et où en sommes-nous aujourd'hui ?

En 2012, il y avait 140 000 décrocheurs par an, nous en sommes à 110 000 aujourd'hui. En 2012, les professeurs n'étaient plus formés, ils le sont enfin aujourd'hui, en formation initiale et en formation continue. En 2012, l'éducation prioritaire n'avait pas été réformée depuis trente ans, avec des injustices flagrantes et du saupoudrage inefficace. Nous l'avons réformée, les établissements sont enfin accompagnés. En 2012, vous supprimiez un poste de professeur à chaque fois qu'il y avait huit élèves de plus. Aujourd'hui, nous en créons un pour cinq élèves de plus.

Madame la députée, vous n'avez pas de leçons à nous donner.
🚀