Valérie BoyerMonsieur le Premier ministre, des images d'une adolescente de seize ans, tabassée la semaine dernière, au cœur de Gennevilliers, par une bande de filles, circulent sur internet. Son seul tort ? Avoir porté une jupe ! Au même moment, des étudiantes de Sciences Po Paris organisent le « Hijab Day », invitant leurs camarades à, je cite, « se couvrir les cheveux d'un voile le temps d'une journée, afin de lutter contre les discriminations liées au voile. » Quelle perversité, quelle confusion ! Burqa, tchador, abaya, niqab, hijab, peu importe le nom, ils constituent un enfermement dans le sexe, une négation de la personne, un interdit de liberté, un interdit d'égalité, un interdit de fraternité !
Ce n'est pas un problème de gauche, ce n'est pas un problème de droite, ce n'est pas un problème de religion, et ce n'est pas qu'un problème d'égalité hommes-femmes : c'est un problème de dignité humaine. Aujourd'hui, certaines grandes marques de vêtements intitulent leurs collections « islamiques », « pudiques » ou « modestes », ce qui présuppose que les femmes non voilées sont immodestes, impudiques ou, pire encore, impures. Accepter cette prétendue mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays.
La bataille du voile est l'expression la plus visible de la volonté des intégristes de se compter, de marquer leur territoire et de soumettre les femmes comme les hommes. Cette forme de purification vestimentaire en est le marqueur. Aujourd'hui, nous voyons dans notre pays non pas des zones de non droit mais des zones d'un autre droit, où l'islamisme s'affiche en uniforme et organise un véritable contrôle social qui met en danger la cohésion publique.
À l'heure où des femmes iraniennes bravent l'interdit en postant des photos sans voile, les étudiantes de Sciences Po devraient méditer l'exemple de ces militantes de la liberté.