Bernard AccoyerMonsieur le Premier ministre, en début de séance, vous avez annoncé que vous alliez recourir à l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, alinéa que vous souhaitiez supprimer par amendement en 2008, le trouvant, avec François Hollande, anti-démocratique. Quelle inconstance !
Ce choix pourrait fournir un prétexte aux protestataires et activistes pour redoubler de violence.
Sur le terrain, les victimes de ces violences sont les fonctionnaires chargés du maintien de l'ordre. Plusieurs centaines d'entre eux ont déjà été blessés, parfois gravement, depuis le début des manifestations.
Depuis six mois, les fonctionnaires de police sont sollicités en permanence en raison de l'état d'urgence. Nous saluons leur courage, leur abnégation et leur grand professionnalisme, scandaleusement mis en cause par la CGT.
Monsieur le Premier ministre, nous en serons, jeudi prochain, à la cinquième journée de mobilisation, avec des violences qui ne font que croître. Compte tenu du nombre de policiers déjà blessés, le Gouvernement doit-il laisser se déployer sur leur trajet habituel des cortèges accompagnés immanquablement d'activistes et de casseurs ? Chacun redoute un drame et le 49-3 ne peut qu'exacerber les tensions.
Monsieur le Premier ministre, qu'entendez-vous faire pour que, jeudi prochain, le droit de manifester ne se transforme pas, une fois de plus, en droit d'attaquer violemment les forces de l'ordre ?