Alain SuguenotDes quarts de mesure ! Et que dire de l'école ?
Madame la ministre, la semaine dernière, vous avez tenu en grande pompe les « Journées de la refondation de l'École de la République », rassemblement très médiatique aux allures de bilan et de satisfecit gouvernemental, alors que les différends avec les enseignants, les parents d'élèves et les élus ne cessent de se multiplier.
Je ne parle même plus de l'échec des rythmes scolaires, souligné par un rapport de l'inspection générale finalisé depuis plus d'un an, mais toujours non publié et qui semble s'être perdu en chemin. Il est vrai que ce rapport est un réquisitoire contre l'inefficacité pédagogique de cette réforme et, bien sûr, contre le coût financier qu'elle représente pour les collectivités territoriales et les familles et le coût en fatigue pour les élèves.
Vous savez le trouble que cause aussi la réforme des collèges.
Il est vrai que, pour beaucoup, vos réformes sont destructrices. Vous n'avez de cesse, madame la ministre, de vous battre contre tout ce qui représente l'éducation et l'enseignement traditionnels, comme si vous souhaitiez un monde sans mérite ni autorité.
Madame la ministre, les « Journées de la refondation » ne trompent personne : on a bien compris qu'il s'agissait d'un plan de communication. Ces journées ont surtout permis d'éviter un certain nombre de sujets structurels, qu'il serait pourtant urgent d'aborder, comme le positionnement de l'enseignant au centre de l'école, la réforme d'un ministère complètement coupé des réalités ou la montée en puissance inquiétante du communautarisme.
Ma question est donc simple, madame la ministre : quand allez-vous enfin aborder ces vrais sujets ? Je crains que la seule augmentation de 800 euros de nos instituteurs, pourtant méritée, ne suffise pas à revaloriser l'école et à rassurer ceux croyaient que l'école devait être une priorité – et que vous ne cessez de décevoir !