Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Madame la députée, je vous dois vraiment des remerciements pour cette question, par laquelle vous avez démontré à une grande partie de nos concitoyens – j'espère qu'ils nous écoutent ! – la conception que vous vous faites de la langue arabe.
Selon vous, celle-ci est donc en concurrence avec l'allemand, par exemple, et doit, si je vous suis, être moins bien traitée et être considérée comme une langue communautaire. Nous ne serons jamais d'accord, madame la députée !
Pour ma part, j'estime que s'il y a bien une chose à faire dans notre pays, c'est diversifier les langues que les élèves apprennent à l'école car toutes ces langues ont leur légitimité et leur intérêt.
C'est la raison pour laquelle, dans la stratégie pour les langues vivantes que je développe à l'école, je fais en sorte qu'au-delà de l'anglais, nos élèves puissent avoir véritablement accès à l'allemand, à l'espagnol, à l'italien, mais aussi à l'arabe et au chinois – et j'en suis fière !
Mais j'en viens à votre question, qui concerne les ELCO. Vous devriez au contraire vous réjouir de ce que nous nous apprêtons à faire des ELCO, puisque nous sommes globalement tous d'accord sur ces bancs pour dire qu'ils appartiennent à un temps révolu : les années 1970, lorsque notre pays signait des conventions avec les pays dont provenaient les populations immigrées avec leurs enfants. Dans le cadre de ces conventions, on offrait à ces enfants des enseignements tant de langue que de culture, destinés à leur permettre de retourner chez eux un jour.
Aujourd'hui, tout cela n'a plus cours, évidemment, et l'apprentissage de l'arabe, du turc ou du portugais doit se faire dans un cadre scolaire, banalisé, normalisé, comme toutes les autres langues.
C'est ce que je prépare pour quelques langues dès la rentrée prochaine, et d'ici trois ans pour l'ensemble d'entre elles.