Georges FenechLe 10 mai dernier, monsieur le Premier ministre, vous affirmiez dans cet hémicycle, alors que je vous interrogeais sur les levées de fonds londoniennes de votre ministre de l'économie : « Il n'y a eu aucune levée de fonds particulière pour je ne sais quelle association ».
Je me dois d'y revenir car c'est faux, d'après mes informations, et d'après l'intéressé lui-même, qui revendique dorénavant pour son mouvement « En marche » quelque 50 000 adhérents, dont 2 000 donateurs zélés.
Appel aux dons ou levée de fonds, de grâce, ne jouons pas sur les mots.
J'ai d'ailleurs saisi la Haute autorité pour la transparence de la vie publique , qui devra se prononcer sur la situation inédite d'un ministre qui administre l'économie du pays et, dans le même temps, s'adresse aux acteurs de l'économie pour leur tendre la sébile à des fins de promotion personnelle.
Je rappelle que la Haute autorité a été créée à la suite d'un autre mensonge, celui de Jérôme Cahuzac.
Vous comprendrez que les Français puissent légitimement s'interroger : avez-vous encore quelque autorité sur les membres de votre gouvernement, auxquels vous aviez pourtant demandé ce jour-là, à l'heure des crises sociales, de se consacrer entièrement à leur tâche ? Or que fait votre ministre de l'économie ? Il envoie ses troupes faire du porte-à-porte pour porter sa bonne parole, faire un diagnostic sur la France et présenter d'ici à la fin de l'été des propositions de réforme.
Ma question est simple. S'agit-il d'une façon nouvelle de gouverner ? Y aurait-il donc deux Premiers ministres dans ce gouvernement ?