Maud OlivierMa question s'adresse à Mme la ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes.
Au préalable, je veux revenir, chers collègues, sur la remise en cause en Pologne du droit à l'avortement. Nos collègues parlementaires s'apprêtent à y durcir encore davantage la législation et c'est inacceptable ! L'IVG doit être reconnue en Europe comme un droit fondamental. Le groupe socialiste apporte son soutien aux militantes et aux responsables politiques polonais qui luttent actuellement pour sa légalisation.
Mais les résistances en la matière sont partout, y compris en France puisque la majorité sénatoriale a, la semaine dernière, écarté du débat parlementaire un amendement du Gouvernement étendant le délit d'entrave à l'avortement. Il faudra que nous, députés, nous saisissions de ce sujet. Et nous le ferons !
Depuis 2012, les droits des femmes et l'égalité femmes-hommes ont été une priorité du Gouvernement et de la majorité : premier gouvernement paritaire ; loi du 4 août pour l'égalité femmes-hommes ; loi de lutte contre le système prostitutionnel. La délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale a toujours soutenu et enrichi ces textes. Malgré cela, les changements sont lents et les inégalités demeurent. Dans l'enquête du CSA – l'institut Consumer Science and Analytics – de septembre 2016, demandée par le Gouvernement, quatre femmes sur dix déclarent avoir été victimes d'une injustice ou d'une humiliation due à leur sexe et 91 % des femmes pensent que le sexisme devrait être une priorité des politiques publiques. Il y a donc une forte attente à ce sujet.
Madame la ministre, vous avez lancé un grand plan de lutte contre le sexisme. Comment va-t-il permettre de passer un cap et de faire reculer les inégalités de manière forte et durable ?