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🧭Gouvernement Valls 2


















💬toxicomanie
12 oct. 2016
Philippe Goujon
droguemise en placesalles d'injection de drogue
le président

La parole est à M. Philippe Goujon, pour le groupe Les Républicains.
Philippe Goujon

Monsieur le président, chers collègues, aujourd'hui, madame la ministre de la santé, vous avez inauguré, avec la maire de Paris, la seule salle de shoot de France , rompant un consensus politique suivi par tous les gouvernements. C'est une fausse bonne idée : ces salles ne sont pas utiles ; pire, elles sont dangereuses.

Elles ne sont pas utiles car notre offre de réduction des risques est l'une des plus performantes au monde, avec deux tiers des usagers traités dans des centres spécialisés : overdoses divisées par cinq – il y en a cinq fois moins qu'en Allemagne, pays des salles de shoot –, contaminations par VIH divisées par quatre, mais aussi quatre fois moins d'héroïnomanes qu'en Suisse, quatre fois moins de cocaïnomanes qu'en Espagne, autres pays des salles de shoot.

Ces salles sont aussi dangereuses, d'abord parce que tout médecin sait bien que nulle intoxication ne peut être traitée par le produit qui l'a créée, d'où leur condamnation par nos académies de médecine, de pharmacie et par l'ordre des médecins ; mais aussi par les riverains qui redoutent ces zones de non-droit et d'implantation des trafics autour d'une salle ouverte uniquement aux heures de bureau. Surtout, elles brouillent le message de l'État, qui ne peut mener une politique de désintoxication tout en accompagnant la consommation, banalisant, voire légitimant la drogue par une dépénalisation de fait, alors qu'en la matière, les interdits sont essentiels.
Jacques Myard

L'État veut nous intoxiquer !
Philippe Goujon

Le pire, c'est que ces salles ne résoudront pas non plus les contaminations puisque les usagers problématiques de drogue sont, hélas, déjà porteurs de ces morbidités. Sortir les jeunes de la drogue, ce n'est certainement pas les aider à se droguer, soi-disant proprement, pour un résultat improbable. Alors, madame la ministre, dites-nous franchement : la prochaine étape, c'est la dépénalisation ? C'est la légalisation des drogues ?
le président

La parole est à Mme la ministre des affaires sociales et de la santé.
Marisol Touraine,
ministre des affaires sociales et de la santé.
Monsieur le député, oui, ce matin, j'ai inauguré, avec votre collègue Seybah Dagoma, la première salle de consommation à moindre risque, qui ouvre ses portes en France.
Danielle Auroi, Mme Michèle Bonneton, M. Sergio Coronado et Mme Véronique Massonneau

Très bien !
Marisol Touraine,
ministre.
Dans quelques jours, j'inaugurerai une deuxième salle à Strasbourg…
Laurent Furst

Rue de Solférino me paraît être un meilleur endroit !
Marisol Touraine,
ministre.
…et je souhaite que d'autres expérimentations soient possibles sur notre territoire. Cela fait trente ans que des expérimentations sont menées à travers le monde.
Yves Fromion

Avec quel résultat ?
Marisol Touraine,
ministre.
Dix pays sont déjà engagés dans cette politique, et les résultats sont extrêmement satisfaisants. Monsieur le député, ce n'est pas en niant la réalité qu'on y apporte des réponses. Ma volonté et celle du Gouvernement – car c'est la loi de modernisation de notre système de santé qui a permis cette expérimentation – est de ne pas exclure, de ne pas stigmatiser, mais au contraire de permettre l'accompagnement de tous.
Seybah Dagoma

Très bien !
Philippe Goujon

Dans ce cas, allez jusqu'au bout de la démarche, et légalisez !
Marisol Touraine,
ministre.
Ces salles de consommation à moindre risque s'adressent à des femmes et à des hommes éloignés de tout, exclus des systèmes de santé. Nous avons des objectifs de santé publique : les overdoses sont diminuées, les risques de contamination, réduits. Nous avons des objectifs sociaux : faciliter la réinsertion. Et nous avons des objectifs de sécurité, car qui peut se satisfaire d'une situation où des enfants trouvent des seringues souillées dans des bacs à sable ou dans des cages d'escalier ? Nous voulons l'éviter, et ce n'est pas en stigmatisant ou en dénonçant que l'on résout les problèmes. La volonté de ce Gouvernement est d'accompagner, de soigner et de soutenir ceux qui en ont besoin.
Christian Jacob

Irresponsables !
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