Vincent LedouxMadame la ministre des affaires sociales et de la santé, le gouvernement auquel vous appartenez est malheureusement en train de réaliser cette triste prophétie de Mauriac : « C'est merveilleux, la vieillesse. Dommage que ça finisse si mal ».
Savez-vous que les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes – EHPAD – de notre vieux pays connaissent d'immenses difficultés ? Je suis, pour ma part, admiratif de leurs personnels, qui accueillent nos aînés, prennent soin d'eux et les accompagnent , malgré des conditions de travail toujours plus difficiles et, surtout, un manque pathétique de moyens.
Ainsi à Tourcoing, la résidence des Flandres a augmenté sa capacité d'hébergement de 30 % sans que les ressources de fonctionnement soient au rendez-vous. Malgré les incessantes relances de l'adjointe au maire auprès du directeur de l'Agence régionale de santé – ARS – il manque encore à cet établissement 400 000 euros.
Comment diriger des établissements avec si peu de visibilité et dans un contexte d'alourdissement de la dépendance, comme à Bousbecque ou à Roncq ? Tourcoing n'est en outre que l'arbre qui cache la forêt d'une misère sidérante, dont je peux témoigner, sur l'ensemble de ma circonscription.
Le pire, c'est que je connais déjà votre réponse, les éléments de langage d'un gouvernement qui préfère dénoncer sans aucune impartialité le programme à venir de la droite plutôt que de faire son autocritique.
Avec Bernard Gérard, nous écoutons les infirmières, les médecins et les aides-soignantes , qui nous parlent du désastreux bilan des trente-cinq heures à l'hôpital et peuvent en parler mieux que quiconque.
Madame la ministre, au lieu de vous ériger en chevalier blanc de cette fonction publique hospitalière que vous avez conduite dans une terrible situation, qu'allez-vous faire pour répondre aux attentes très fortes de ces personnels soignants, qui assurent la continuité du service public ?
Louis Barthou disait que la vieillesse peut devenir une parure sans être une abdication. N'abdiquez pas, madame la ministre, mais parez nos EHPAD des moyens nécessaires !