Jean-Yves Le Drian,
Ministère de la défense •
1 nov. 2016Afin de renforcer la lutte contre les menaces transnationales, telles le terrorisme, les États-Unis d'Amérique ont proposé à leurs alliés d'accroître leur coopération en matière d'échanges d'informations et d'éléments d'évaluation concernant les situations à risques. La relation franco-américaine dans ce domaine s'est développée dès le lancement de l'opération Serval au Mali et s'est poursuivie avec le même succès sur d'autres théâtres d'opérations. En vue de combattre ces menaces transnationales, les forces spéciales, notamment européennes, collaborent étroitement, en particulier dans le cadre d'opérations menées sous l'égide de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Afghanistan, Océan Indien, Balkans). Cette coopération s'avère très efficace compte tenu de la définition et de l'application de normes d'interopérabilité au sein de cette organisation. Dans le cadre de l'Union européenne (UE), de fréquentes réunions des commandants des forces spéciales des pays membres sont organisées. De nombreuses informations sont en outre échangées lors des engagements opérationnels comme celui actuellement en cours dans la bande sahélo-saharienne. A cet égard, il convient de souligner que la France a joué un rôle moteur s'agissant de la révision du concept européen des opérations spéciales « European union concept for special operations », approuvée par le comité militaire de l'UE le 28 juillet 2014. La nouvelle doctrine fixe aux Etats membres des orientations globales concernant l'emploi des forces spéciales dans toute la gamme des opérations et des missions militaires dirigées par l'UE. D'un point de vue stratégique, elle prévoit le recueil des informations nécessaires pour identifier et sélectionner les missions pouvant être confiées aux forces spéciales, contribuant ainsi à améliorer les conditions d'emploi et l'efficacité de ces formations.