Geneviève Fioraso,
Secrétariat d'État, auprès du ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche •
13 janv. 2015Faire de la jeunesse une priorité, c'est démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur mais aussi mieux accompagner les étudiants vers l'emploi. A cette fin, le Gouvernement agit pour que chaque étudiant puisse maîtriser le choix de son orientation, base sur laquelle repose la future réussite de son insertion professionnelle. Pour cela, un continuum lycée-enseignement supérieur a été mis en place afin de renforcer l'accompagnement des étudiants. Dorénavant, le choix de l'orientation est mieux anticipé, plus progressif, et plus sécurisant pour les étudiants. En parallèle, les universités ont à mettre en oeuvre la spécialisation progressive au sein des cursus de licence. Cette nouvelle modalité permet à un étudiant de retarder le choix de la mention de diplôme qu'il souhaite acquérir et améliore l'articulation des licences et des licences professionnelles. L'amélioration de l'insertion des jeunes passe aussi par le développement de l'alternance et le rapprochement entre les établissements d'enseignement supérieur et les acteurs économiques de leur territoire. Le nombre d'apprentis dans l'enseignement supérieur est d'environ 135 000 en 2013. En tenant compte du nouveau contexte institutionnel créé par la récente loi sur la formation professionnelle, un objectif de 150 000 étudiants en apprentissage d'ici à 2018 et de 200 000 d'ici dix ans a été affirmé par le gouvernement. Il est à noter que les étudiants issus des universités représentent environ 25 % de l'ensemble de étudiants en apprentissage dans le supérieur et 7 % de l'ensemble des apprentis, tous niveaux confondus, dont très peu dans les filières généralistes. La marge de progrès est donc importante. Concernant la proposition tendant à permettre aux étudiants d'effectuer jusqu'à 80 % de leur temps en entreprise durant la dernière année, il paraît opportun de laisser aux équipes pédagogiques en coordination avec les partenaires socio-économiques la liberté de l'élaboration des parcours de formation et du rythme de l'alternance en fonction des objectifs de la formation. Des expériences locales existent déjà et il apparaît souhaitable de laisser aux acteurs de terrain, en fonction du contexte local, le soin de fixer l'équilibre entre le temps passé en entreprise et dans les établissements. Quant à la proposition tendant à la création d'un label « période d'apprentissage » pour les stages courts, elle présente l'inconvénient de susciter la confusion avec les dispositifs existants en matière d'alternance, sans pour autant qu'il en résulte un avantage en termes de développement de l'offre de stage.