Kader Arif,
Secrétariat d'État, auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire •
24 mars 2015Fondée en 1802, la Légion d'honneur constitue la première distinction nationale dans l'ordre protocolaire des décorations officielles françaises. Cette haute distinction est destinée à récompenser des mérites éminents, tant civils que militaires. Les contingents de croix sont fixés par décret triennal du Président de la République, grand maître des ordres. Le décret n° 2012-71 du 23 janvier 2012 relatif aux années 2012 à 2014 prévoit que les contingents dont dispose le ministre de la défense sont majorés pour cette période de 500 croix de chevalier destinées notamment à des anciens combattants de la guerre 1939-1945 remplissant certaines conditions. Comme le souligne l'honorable parlementaire, ces mêmes dispositions précisent que ce dernier contingent pourra, dans la limite de 5 %, soit 25 croix, permettre de récompenser des anciens résistants particulièrement valeureux. Cependant, les résistants peuvent également être récompensés notamment au titre des promotions dédiées au personnel militaire n'appartenant pas à l'armée active. En effet, nombreux sont ceux ayant contracté un engagement au sein des forces armées françaises à la suite de leurs activités dans la Résistance. Par ailleurs, dans le cadre du cycle commémoratif lié au 70e anniversaire des débarquements et de la Libération, le Président de la République a souhaité qu'un hommage particulier soit rendu aux anciens combattants et aux résistants qui ont participé à la libération du territoire national lors de la Seconde Guerre mondiale. C'est pourquoi, une première promotion spéciale, publiée le 9 novembre 2014 au Journal officiel de la République française, a permis d'honorer 503 résistants. Une seconde promotion de plus de 1 000 noms viendra compléter cet hommage d'ici mai 2015. Tous ces résistants sont titulaires, soit de la médaille de la Résistance, soit d'une citation pour fait de Résistance, soit encore de la croix du combattant volontaire de la Résistance ainsi que de services homologués dans la Résistance. Cette reconnaissance se poursuivra dans le cadre des promotions annuelles normales. Les candidats bénéficieront, à cet égard, de l'assouplissement des critères de sélection que la grande chancellerie de la Légion d'honneur a consenti à appliquer pour les promotions spéciales de 2014. Ainsi, les anciens combattants de la guerre 1939-1945, détenteurs d'un fait de guerre au titre de ce conflit, c'est-à-dire d'une citation ou d'une blessure de guerre, peuvent désormais être proposés pour une nomination au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur. Concernant les déportés de la Résistance, il est important de préciser qu'ils sont depuis longtemps éligibles à la Légion d'honneur, soit sur le contingent spécifique alloué au ministre chargé des anciens combattants, dès lors qu'ils se sont vu reconnaître le statut de déporté ou d'interné de la Résistance, soit au titre de leur mutilation ou des maladies qu'ils ont pu contracter au cours de leur détention. En revanche, les déportés politiques sont effectivement considérés comme des victimes civiles et ne relèvent pas des contingents alloués au ministre de la défense ou au secrétaire d'Etat chargé des anciens combattants et de la mémoire, comme le sont pour leur part les déportés et internés résistants. De ce fait, seuls ceux d'entre eux ayant des activités associatives ou mémorielles significatives ou ayant eu un parcours militaire d'ancien combattant ou de résistant peuvent être retenus sur les contingents en cause. Ils peuvent néanmoins être parfois accueillis sur les contingents généraux relevant d'autres autorités, sous réserve que les capacités dont disposent ces dernières le leur permettent.