Marisol Touraine,
Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes •
26 janv. 2016La couverture maladie universelle (CMU) complémentaire a été instaurée en 2000 pour permettre aux foyers les plus modestes de bénéficier de la prise en charge gratuite des dépenses de soins non prises en charge par l'assurance maladie, y compris, dans certaines limites, des dépassements de tarifs des dispositifs d'optique médicale, de prothèses dentaires et des audioprothèses. Pour faciliter l'accès aux soins des personnes qui ne peuvent pas bénéficier de la CMU complémentaire mais qui ont des revenus qui restent faibles, un dispositif d'aide au paiement d'une assurance complémentaire de santé (ACS), sous condition de ressources, a été instauré par la loi du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie. Afin d'apprécier le plus finement possible la réalité de la situation sociale des personnes qui demandent le bénéfice de l'une de ces deux prestations, c'est l'ensemble des ressources nettes de prélèvements sociaux obligatoires, de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale qui est pris en compte. À ce titre, l'avantage en nature procuré par la jouissance d'un logement occupé par son propriétaire non bénéficiaire d'une aide au logement ou à titre gratuit est pris en compte pour l'examen du droit conformément à l'article R. 861-5 du code de la sécurité sociale. En effet, il ne serait pas équitable de prendre en considération un même niveau de ressources pour un foyer qui doit assumer des charges de loyer ou de remboursement d'emprunt et pour un foyer qui ne doit pas faire face aux mêmes contraintes budgétaires. L'avantage en nature procuré par un logement occupé soit par son propriétaire, soit à titre gratuit, par les membres du foyer est toutefois pris en compte de manière très modérée : il ne donne lieu à l'intégration dans les ressources, pour un foyer d'une personne, que de 12 % du montant forfaitaire du revenu de solidarité active (RSA socle) fixé pour une personne seule, soit 733,39 € par an en 2014 (61,12 € par mois). Ce forfait est porté à 14 % du montant forfaitaire du RSA socle fixé pour deux personnes (106,95 € par mois en 2014) pour un foyer de deux personnes et à 14 % du montant forfaitaire du RSA socle fixé pour trois personnes (128,34 € par mois en 2014) pour un foyer de trois personnes ou plus. Ces montant sont, en règle générale, très inférieurs à la valeur locative du logement occupé.