À Marisol Touraine,
Ministère des affaires sociales et de la santé, 🧭Gouvernement Valls 2
M. Michel Terrot appelle l'attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur les graves conséquences humaines et sanitaires liées à l'exposition professionnelle à l'amiante dans notre pays. Un récent rapport de l'Institut de veille sanitaire (InVS) révèle en effet que, chaque année, on compte au moins 2 200 nouveaux cas de cancers et 1 700 décès liés de façon certaine à l'amiante. Selon ce rapport, le cancer du poumon arrive très largement en tête des cancers professionnels attribuables à l'amiante, avec 1 328 à 3 709 nouveaux cas estimés et 1 004 à 2 805 décès en 2012. Les chercheurs ont également estimé que 615 à 822 décès par cancer de la plèvre (ou mésothéliome) en 2012 pouvaient être imputés à une exposition professionnelle à l'amiante. Le mésothéliome est un cancer dont le seul facteur de risque avéré à ce jour est l'exposition (professionnelle ou extra-professionnelle) à l'amiante, contrairement au cancer du poumon, surtout favorisé par le tabagisme. Il faut également souligner que, pour la première fois, les chercheurs ont étudié deux autres cancers, ceux du larynx et de l'ovaire que l'agence pour le cancer de l'Organisation mondiale de la santé CIRC-IARC a décidé d'ajouter en 2009 à la liste des maladies induites par l'exposition à l'amiante. Ils ont estimé que 129 à 731 nouveaux cas de cancers du larynx (quasiment tous observés chez des hommes) et 46 à 55 cancers de l'ovaire, découverts en 2012, pouvaient être attribués à une exposition professionnelle à l'amiante. Enfin, selon les dernières estimations du Haut conseil de la santé publique, l'amiante pourrait provoquer, au total, la mort de 100 000 personnes d'ici 2050. Compte tenu de ces nouvelles données épidémiologiques mais également des récents progrès dans le traitement du mésothéliome grâce à des nouvelles combinaisons de chimiothérapies, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures envisage le Gouvernement pour renforcer la prévention médicale ciblée à destination des personnes qui ont été exposées à l'amiante dans leur cadre professionnel, afin que celles-ci puissent bénéficier d'un diagnostic précoce de leur maladie et augmenter ainsi leurs chances de survie.