Ségolène Royal,
Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat •
23 août 2016Pour faire face au phénomène de prolifération des algues sargasses dans l'arc antillais, la ministre de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, a annoncé en mai 2015, lors de son déplacement en Martinique, un plan d'actions. Fin juillet 2015, le Gouvernement a annoncé la mise en œuvre d'un plan d'actions interministériel « sargasses », qui comporte cinq actions. La première concerne le renforcement du soutien aux collectivités chargées du ramassage des algues : un fonds exceptionnel de 2 millions d'euros est mis en place par l'État, notamment le ministère des outre-mer et le ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer, afin d'accompagner l'engagement des actions de ramassage par les collectivités compétentes, compte tenu de l'ampleur des charges qu'impose cette action indispensable. Le deuxième axe consiste à poursuivre la mobilisation des autorités sanitaires : elle permettra notamment de s'assurer que les mesures de prévention sont bien connues de la population et en particulier des personnes amenées à intervenir dans les opérations de ramassage et de stockage. Le lancement d'une mission interministérielle de haut niveau constitue le troisième volet de ce plan : elle doit formuler des recommandations opérationnelles visant à organiser la filière de ramassage, stockage, traitement et valorisation des algues sargasses, afin d'organiser une réponse sur le long terme. Elle recensera les améliorations possibles à apporter aux dispositifs existants ainsi que les méthodes qui permettraient de prévenir les échouages massifs sur les plages les plus exposées et sensibles, en se penchant plus particulièrement sur les possibilités de collecte en mer. La mission s'intéressera également aux filières possibles de traitement des algues en matière de méthanisation ou de valorisation agricole, en s'appuyant sur les travaux déjà menés au niveau local et en s'inspirant, le cas échéant, d'expériences étrangères. Le quatrième axe concerne l'amélioration de la connaissance pour une gestion à long terme du phénomène : les travaux de recherche visant à identifier l'origine et les causes de ce phénomène seront accélérés, sous l'égide du ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer qui mobilisera les organismes compétents. Enfin, le lancement d'une initiative internationale, réunissant les représentants des États de la Caraïbe touchés par l'échouage de sargasses, constitue la dernière action de ce plan. Cette initiative a vocation à partager les connaissances et les bonnes pratiques relatives à la gestion de ce phénomène et à proposer des actions coordonnées. Fin octobre 2015, le ministère des outre-mer a fait une proposition des suites à donner à cette action. Elle doit, tout d'abord, viser à mettre en cohérence et à fédérer les initiatives en cours dans la région sur les sargasses. L'initiative doit également s'appuyer sur les structures déjà existantes en privilégiant le Centre d'activités régional pour les espèces et les espaces spécialement protégés de la Caraïbe (CAR SPAW). Lors de la dernière conférence des parties du protocole SPAW, de décembre 2014, les parties ont demandé d'inclure dans le programme de travail une activité de coopération régionale sur la problématique « sargasses ». Cette activité porte sur les thématiques suivantes : compréhension du phénomène, évaluation des impacts et méthodes de collecte/valorisation. Le CAR SPAW a mis en place, dès le mois d'août, un outil d'échange régional (forum de discussion et de partage de documents en ligne). Il est également chargé de produire une synthèse scientifique et sera par ailleurs associé aux projets de recherche qui émergeront dans la région.