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🧭Gouvernement Valls 2
Manuel Valls
, Premier ministre
Laurent Fabius
, Ministère des affaires étrangères et du développement international
Marisol Touraine
, Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes
Stéphane Le Foll
, Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt
Fleur Pellerin
, Ministère de la culture et de la communication
Marylise Lebranchu
, Ministère de la décentralisation et de la fonction publique
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de la défense
Ségolène Royal
, Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie
Emmanuel Macron
, Ministère de l'économie, de l'industrie et du numérique
Najat Vallaud-Belkacem
, Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Bernard Cazeneuve
, Ministère de l'intérieur
Christiane Taubira
, Ministère de la justice
Sylvia Pinel
, Ministère du logement, de l'égalité des territoires et de la ruralité
George Pau-Langevin
, Ministère des outre-mer
François Rebsamen
, Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social
Patrick Kanner
, Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports
Najat Vallaud-Belkacem
, Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche
Myriam El Khomri
, Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social
Patrick Kanner
, Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports
Jean-Jacques Urvoas
, Ministère de la justice
Jean-Marc Ayrault
, Ministère des affaires étrangères et du développement international
Ségolène Royal
, Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat
Marisol Touraine
, Ministère des affaires sociales et de la santé
Jean-Michel Baylet
, Ministère de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales
Emmanuelle Cosse
, Ministère du logement et de l’habitat durable
Audrey Azoulay
, Ministère de la culture et de la communication
Laurence Rossignol
, Ministère de la famille, de l’enfance et des droits des femmes
Annick Girardin
, Ministère de la fonction publique
Laurence Rossignol
, Ministère des familles, de l'enfance et des droits des femmes
Michel Sapin
, Ministère de l'économie et des finances
Ericka Bareigts
, Ministère des outre-mer
💬perspectives
Jean-Luc Laurent
15 avr. 2015politiques communautairesperspectives


M. le président. La parole est à M. Jean-Luc Laurent, pour le groupe socialiste, républicain et citoyen.

M. Jean-Luc Laurent. Monsieur le ministre des finances et des comptes publics, la Banque centrale européenne – BCE – mène depuis maintenant un mois une politique d'assouplissement quantitatif qui consiste à racheter des titres de dettes publiques pour, entre autres, lutter contre la déflation qui menace l'Europe.

La BCE a bien des défauts – le Mouvement républicain et citoyen la critiquait avant même sa naissance – mais son président, M. Mario Draghi, a pris par deux fois la mesure de la crise, en mettant fin à la spéculation sur les dettes publiques en 2012 et, aujourd'hui, en affrontant le risque déflationniste.

L'assouplissement quantitatif a même favorisé une baisse de l'euro, qui se rapproche de la parité avec le dollar – sous l'effet, aussi, de la politique monétaire américaine. Les effets de cette politique sont incertains ; la situation est très contrastée, les bons indicateurs se mélangent aux mauvais.

À l'évidence, l'assouplissement quantitatif ne suffira pas. Pour le dire simplement, l'Europe mène une politique monétaire trop expansionniste tout en conservant des politiques budgétaires absurdement corsetées par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance – TSCG – et verrouillées, au niveau continental, par la droite allemande.

Plus que jamais, il faut regarder la réalité en face : les économies européennes divergent, alors que les traités étaient supposés organiser leur convergence. Le réel, on s'y cogne, et l'Union économique et monétaire, avec sa politique unique, se cogne à la réalité économique, ainsi qu'à la réalité démocratique – comme en Grèce.

Pour tous les citoyens, le silence de la France est souvent assourdissant. Alors, monsieur le ministre, qu'en pense la France, au moment où il est question, non pas d'une sortie de l'euro, mais de la dissolution de la zone euro ?

M. le président. La parole est à M. le ministre des finances et des comptes publics.

M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Monsieur le député, vous avez eu raison de souligner la qualité de la politique monétaire menée sous la direction de Mario Draghi. Le président de la Banque centrale européenne a fait, dès le milieu de l'année dernière, la bonne analyse, qui était d'ailleurs la même que celle proposée par le gouvernement français, ici même, dans cet hémicycle.

M. Yves Fromion. Ah ?

M. Michel Sapin, ministre. Il décrivait le risque d'une trop faible inflation qui s'accompagnerait d'une trop faible croissance et d'un trop fort chômage. Face à cette situation, et à la suite du débat politique soulevé, en particulier, par le Président de la République, le Premier ministre et moi-même dans les instances européennes, il a pris ces décisions…

M. Pierre Lequiller. Oh, arrêtez ! Draghi est indépendant !

M. Yves Censi. Quel béni-oui-oui !

M. Michel Sapin, ministre . …qui ont permis de rendre les taux d'intérêt extrêmement faibles, de manière à faciliter le financement non seulement des budgets des États, mais aussi des investissements des entreprises, et, comme vous l'avez souligné, de faire revenir l'euro à un niveau plus conforme à sa valeur réelle. Un euro plus bas permet à nos entreprises d'exporter plus vers les marchés internationaux, mais c'est aussi une manière de lutter sur notre territoire contre des importations qui n'auraient comme seule qualité qu'un prix faible dû à une monnaie trop forte.

Voilà ce qu'a fait M. Draghi, et il l'a fait dans un cadre politique que les gouvernements ont souhaité.

M. Yves Censi. La BCE ne serait donc pas indépendante ?

M. Michel Sapin, ministre . Ce n'est pas tombé du ciel ; ce n'est pas une décision prise comme cela, c'est une décision prise dans un certain cadre politique et dans un certain contexte politique, et qui a été tout particulièrement voulue par notre gouvernement ! (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

M. Pierre Lequiller. C'est faux !

M. Michel Sapin, ministre . Pour le reste, monsieur le député, notre objectif est non pas la dissolution de la zone euro, mais une zone euro plus puissante, plus forte, plus solidaire, qui ne se réduise pas mais qui soit au contraire capable de s'étendre – et de converger.

M. Pierre Lequiller. Menteur !

M. Michel Sapin, ministre . Car oui, il faut faire converger nos économies – non seulement elles, mais aussi nos sociétés, et en particulier nos systèmes de protection sociale ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SRC.)
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