🇫🇷 Tous concernés, tous acteurs !😃
📛Choix du Pseudo 📧Vérification du Mail
Code :
🔑Choix du Mot de passe
🏛️Pourquoi nous rejoindre ?
  • ⚡ C'est rapide, et gratuit !
  • 🔔 Recevez des notifications sur les thèmes qui vous intéressent
  • 💬 Partagez vos idées et avis sur le travail législatif en cours
🇫🇷 Tous concernés, tous acteurs !😃
📛Pseudo
🔑Mot de passe

😱Pseudo oublié
ℹ️Saisir l'adresse mail liée au pseudo oublié :
😱Mot de Passe oublié
ℹ️Saisir l'adresse mail liée au Mot de Passe oublié :
🔎Chercher
Historique

9 févr. 2023 - 13 févr. 2023 : 39 amendements en Commission des affaires culturelles et de l'éducation


20 févr. 2023 - 27 févr. 2023 : 91 amendements en Assemblée nationale de la 16ème législature

28 févr. 2023 : ⚡Le 🧭Gouvernement Borne déclare l'urgence

1 mars 2023 15:10 : Examen du texte

2 mars 2023 08:45 : Examen du texte
2 mars 2023 15:00 : Discussion
2 mars 2023 : 🗳️Vote sur la loi (première lecture) : 👍Adopté

23 mai 2023 09:00 : Discussion
23 mai 2023 : Modifiée par Sénat ( 5ème République )





28 juin 2023 15:00 : Discussion
28 juin 2023 21:30 : Discussion
28 juin 2023 : Adoptée, dans les conditions prévues à l'article 45, alinéa 3, de la constitution par Assemblée nationale de la 16ème législature

29 juin 2023 09:00 : Discussion
29 juin 2023 : Adoptée, dans les conditions prévues à l'article 45, alinéa 3, de la constitution par Sénat ( 5ème République )

Originalv2v3v4v5v6
📜Proposition de loi visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne
Laurent Marcangeli
17 janv. 2023

🖋️Amendements examinés : 100%
8 Adoptés12 Rejetés19 Tombés
Liste des Amendements
Titre
🖋️Rejeté
Thibaut François
9 févr. 2023

Après le mot :

« numérique »

rédiger ainsi la fin de l’intitulé de la proposition de loi :

« aux mineurs de moins 15 ans et à lutter contre les dangers des réseaux sociaux ».

🖋️Rejeté
Lisette Pollet
10 févr. 2023

Après le mot :

« numérique »

insérer les mots :

« pour l’inscription et l’utilisation des réseaux sociaux ».


Article 1
🖋️Adopté
Laurent Marcangeli
11 févr. 2023

Rédiger ainsi cet article :

« L’article premier de la loi n° 2004‑575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« On entend par service de réseau social en ligne toute plateforme permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils, en particulier au moyen de conversations en ligne, de publications, de vidéos et de recommandations. »

🖋️Adopté
Véronique Riotton
10 févr. 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

Le dix-huitième alinéa de l’article 6 de la loi n° 2004‑575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est ainsi modifié :

1° Après le mot : « humaine, », sont insérés les mots : « à la représentation, à la vie privée et à la sécurité des personnes, à la lutte contre toutes les formes de chantage et de harcèlement » ;

2° Après la référence : « article 24 », la fin de l’alinéa est ainsi rédigée : « , à l’article 24 bis et à l’article 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et aux articles 222‑33, 222‑33‑2‑1, 222‑33‑2‑2, 222‑33‑2‑3, 222‑33‑1‑1, 225‑4‑13, 225‑5, 225‑6, 226‑1, 226‑2, 226‑8, 226‑2‑1, 226‑21, 226‑22, 227‑23, 227‑24, 312‑10, 312‑11, 312‑12 et 421‑2‑5 du code pénal ».

🖋️Tombé
Bruno Bilde
11 févr. 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 3 :

« Plateforme en ligne permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de créer, consulter, diffuser, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne, de publications, de vidéos et de recommandations. »

🖋️Tombé
Lisette Pollet
10 févr. 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 3 :

« On entend par service de réseau social en ligne toute plateforme en ligne permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne, de publications, de vidéos et de recommandations. »

🖋️Tombé
Philippe Ballard
9 févr. 2023

À l’alinéa 3, après le mot :

« publications, »

insérer les mots :

« de photos ou ».


Article 2
🖋️Adopté
Laurent Marcangeli
13 févr. 2023

Rédiger ainsi cet article :

« Après l’article 6‑5 de la loi n° 2004‑575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, il est inséré un article 6‑6 ainsi rédigé :

« Art. 6‑6. – I. – Les fournisseurs de services de réseaux sociaux en ligne exerçant leur activité en France sont tenus de faire obstacle à l’inscription à leurs services des mineurs de quinze ans, sauf si le consentement à cette inscription est donné par le ou les titulaires de l’autorité parentale à l’égard du mineur.

« Les fournisseurs de services de réseaux sociaux, aux fins de la vérification de l’âge des utilisateurs finaux et du consentement du ou des titulaires de l’autorité parentale, utilisent des solutions techniques certifiées par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, qui élabore à cette fin un référentiel après consultation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Les modalités d’application du présent alinéa sont définies par décret en Conseil d’État.

« La Commission nationale de l’informatique et des libertés veille à ce que les traitements de données à caractère personnel résultant des solutions techniques mentionnées au précédent alinéa soient mis en œuvre conformément aux dispositions de la loi n° 78‑17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés et aux autres dispositions relatives à la protection des données personnelles prévues par les textes législatifs et réglementaires, le droit de l’Union européenne et les engagements internationaux de la France.

« II. – Lorsqu’il constate qu’un fournisseur de service de réseau social n’a pas mis en oeuvre de solution technique certifiée aux fins de vérifier l’âge des utilisateurs finaux et le consentement du ou des titulaires de l’autorité parentale à l’inscription des mineurs de quinze ans, le président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique adresse à ce fournisseur, par tout moyen propre à en établir la date de réception, une mise en demeure lui enjoignant de mettre en œuvre une solution technique certifiée. La personne destinataire de l’injonction dispose d’un délai de quinze jours pour présenter ses observations.

« À l’expiration de ce délai, en cas d’inexécution de l’injonction prévue au premier alinéa du présent II, le président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique peut saisir le président du tribunal judiciaire de Paris.

« Le fait pour tout fournisseur de service de réseau social de ne pas satisfaire aux obligations prévues au I du présent article est puni de 100 000 euros d’amende.

« III. – Les modalités d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’État. »

« IV. – Le II entre en vigueur dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la loi n° du visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne. »

🖋️Rejeté
Ségolène Amiot
10 févr. 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, quel que soit leur lieu d’établissement, sont légalement tenues de procéder à un traitement par une personne humaine lorsqu’un contenu est signalé par un mineur ou concerne un mineur.

Un décret en Conseil d’État détermine les modalités d’application du présent article.

🖋️Rejeté
Ségolène Amiot
10 févr. 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, quel que soit leur lieu d’établissement, sont légalement tenues de répondre à un signalement réalisé par un mineur ou concernant un mineur dans un délai de 48 heures. L’absence de réponse est punie d’une amende ne pouvant excéder 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise.

Un décret en Conseil d’État détermine les modalités d’application du présent article.

🖋️Rejeté
Angélique Ranc
10 févr. 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, quel que soit leur lieu d’établissement, sont légalement tenues de faire obstacle à l’accès à des contenus inappropriés à caractère violent, sexuel, incitant au terrorisme ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à des jeux les mettant physiquement en danger auprès des mineurs, quel qu’en soit le support.

Un décret en Conseil d’État détermine les modalités d’application du présent article.

🖋️Rejeté
Angélique Ranc
10 févr. 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, quel que soit leur lieu d’établissement, sont légalement tenues d’exclure du fil d’actualité tout contenu autre que celui mis en ligne par les utilisateurs dont le mineur n’a pas expressément fait la demande de lien sur le réseau social.

Un décret en Conseil d’État détermine les modalités d’application du présent article.

🖋️Tombé
Christine Loir
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, supprimer les mots :

« moins de ».

🖋️Tombé
Alexandre Portier
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, substituer au nombre :

« quinze »

le nombre :

« seize ».

🖋️Tombé
Fabienne Colboc
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, après les mots :

« quinze ans »

insérer les mots :

 « par l’exercice d’un contrôle de la minorité ».

🖋️Tombé
Caroline Parmentier
10 févr. 2023

À la fin de l’alinéa 1, substituer aux mots : 

« de l’un »

les mots 

« du ou ».

🖋️Tombé
Rodrigo Arenas
10 févr. 2023

Compléter l’alinéa 1 par la phrase suivante :

« Lors de l’inscription, ces entreprises délivrent une information à l’utilisateur de moins de quinze ans et au titulaire de l’autorité parentale sur les risques liés aux usages numériques et les moyens de prévention. »

🖋️Tombé
Ségolène Amiot
10 févr. 2023

Compléter l’alinéa 1 par la phrase suivante :

« Lors de l’inscription, ces entreprises délivrent une information à l’utilisateur de moins de quinze ans claire et adaptée des conditions d’utilisation de ses données et de ses droits informatique et libertés. »

🖋️Tombé
Rodrigo Arenas
10 févr. 2023

Compléter l’alinéa 1 par la phrase suivante :

« Les titulaires de l’autorité parentale disposent d’une voie de recours pour demander la suppression du compte de leur enfant de moins de quinze ans s’ils l’estiment nécessaire. »

🖋️Tombé
Stéphane Lenormand
11 févr. 2023

Après l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« Les mineurs de moins de treize ans ne peuvent utiliser les services proposés par les réseaux sociaux. »

🖋️Tombé
Alexandre Portier
11 févr. 2023

Après l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« Toute personne désireuse d’accéder à un service de réseaux sociaux en ligne, au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, doit prouver qu’elle est âgée d’au moins seize ans, au moyen d’une solution permettant de vérifier, en ligne, son âge. Cette solution doit recourir à un tiers de confiance indépendant des éditeurs. »

🖋️Tombé
Rodrigo Arenas
10 févr. 2023

Après l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« Les entreprises mentionnées au premier alinéa proposent d’activer un dispositif permettant de contrôler le temps d’utilisation de leur service lors de l’inscription d’un mineur. »

🖋️Tombé
Ségolène Amiot
10 févr. 2023

Après l’alinéa 1, insérer les deux alinéas suivants :

« Les entreprises mentionnées au premier alinéa proposent un dispositif de signalement facilement accessible des comptes susceptibles d’être détenus par des mineurs de moins de quinze ans sans le consentement d’un des titulaires de l’autorité parentale. »

🖋️Tombé
Ségolène Amiot
10 févr. 2023

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Le fait de ne pas respecter cette obligation est puni d’une amende ne pouvant excéder 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise. »

🖋️Tombé
Stéphane Lenormand
11 févr. 2023

Après l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« La Commission nationale de l’informatique et des libertés est chargée de s’assurer du respect de cette obligation. À cette fin, elle peut sanctionner les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques qui, par négligence, n’empêchent pas les mineurs de moins treize ans d’utiliser leur plateforme ou ne recueillent pas le consentement d’un des titulaires de l’autorité parentale pour les mineurs âgés de treize à quinze ans. Cette sanction est une amende ne pouvant excéder 1 % du chiffre d’affaires annuel français de l’entreprise. »


Article 3
🖋️Adopté
Laurent Marcangeli
13 févr. 2023

Rédiger ainsi cet article :

« Le premier alinéa du 1 du VI de l’article 6 de la loi n° 2004 575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est complété par les mots : « dans un délai de dix jours suivant la réception de la demande ou, en cas d’urgence résultant d’un risque imminent d’atteinte grave aux personnes ou aux biens, dans un délai maximum de huit heures ». »

🖋️Tombé
Fabienne Colboc
11 févr. 2023

À l’alinéa 4, substituer aux mots :

« de 48 heures »

les mots :

 « d’une heure ».

🖋️Tombé
Fabienne Colboc
11 févr. 2023

À l’alinéa 4, substituer au nombre :

« 48 »

 le nombre :

« 12 ».

🖋️Tombé
Ségolène Amiot
10 févr. 2023

À l'alinéa 4, substituer au taux :

« 1 % »

le taux :

« 6 % ».


Article 4
🖋️Adopté
Fabienne Colboc
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, substituer aux mots :

« réseaux sociaux »

 le mot :

« plateformes ».

🖋️Adopté
Violette Spillebout
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, après le mot :

« sociaux »

insérer les mots :

« , de la surinformation et de l’exposition aux fausses informations ».

🖋️Adopté
Julien Odoul
11 févr. 2023

Substituer aux mots :

« le bien-être »

les mots :

« la santé physique ». 

🖋️Adopté
Laurent Esquenet-Goxes
11 févr. 2023
Après l'article 4, insérer l'article suivant:

Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport sur l’opportunité d’une fusion des numéros nationaux « 30 20 » et « 30 18 ».

🖋️Rejeté
Julien Odoul
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, substituer aux mots :

 « le bien-être »

les mots :

« la santé physique, le niveau scolaire ». 

🖋️Rejeté
Bruno Bilde
11 févr. 2023

À l’alinéa 1, après le mot :

« bien-être »

insérer les mots :

« , le comportement social ».

🖋️Rejeté
Thibaut François
10 févr. 2023

I. – A la fin de l’alinéa 1, substituer aux mots :

« jeunes, notamment des mineurs »

les mots :

« mineurs de quinze ans ».

II. – En conséquence, compléter cet article par l’alinéa suivant :

« À compter de la date de publication du premier rapport, le Gouvernement remet au Parlement chaque année, au plus tard le 1er juillet, un rapport sur les conséquences de l’utilisation des réseaux sociaux sur le bien-être et la santé mentale des mineurs de quinze ans. Ce rapport analyse en outre les conséquences de cette exposition sur les mineurs de quinze ans afin d’en tirer les conclusions nécessaires et de les prémunir face aux dangers des réseaux sociaux. »

🖋️Rejeté
Philippe Ballard
9 févr. 2023

Compléter cet article par les mots : 

« et sur les dangers que ceux-ci peuvent provoquer ».

🖋️Rejeté
Caroline Parmentier
10 févr. 2023

Compléter cet article par la phrase suivante :

« Ce rapport émet, le cas échéant, des recommandations visant à lutter contre l’addiction des jeunes aux réseaux sociaux. »

🖋️Rejeté
Rodrigo Arenas
10 févr. 2023

Compléter cet article par la phrase suivante :

« Ce rapport formule des recommandations afin de lutter contre les risques liés aux usages numériques et les moyens de prévention à mettre œuvre. »

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 5min.

Mesdames, Messieurs,

L’émergence des réseaux sociaux à la fin de la première décennie du XXIe siècle s’est accompagnée d’une promesse : celle du lien ininterrompu entre les individus, où qu’ils se trouvent sur la planète, et à moindre coût.

Plus de dix ans après, force est de constater que leur utilisation par des enfants et jeunes adolescents pose un double défi de santé publique et de protection de l’enfance à l’ensemble de nos sociétés.

Ainsi, devant le Sénat américain ([1]), le professeur Jonathan HAIDT a alerté sur la hausse importante des troubles mentaux chez les adolescents américains. Celle‑ci a débuté en 2010, soit la période au cours de laquelle le grand public s’est massivement inscrit sur les réseaux sociaux.

Les publications scientifiques réalisées sur le sujet démontrent que les jeunes filles sont les plus touchées par ce phénomène : selon une étude menée au RoyaumeUni, pour un équivalent de 5 heures par jour passées sur les réseaux sociaux, près de 50 % des adolescentes britanniques présentent des symptômes cliniques de dépression, contre un peu moins de 15 % chez les garçons ([2]). Ces résultats tendent également à confirmer le besoin de porter une attention particulière aux jeunes adolescentes qui naviguent sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, elles sont par exemple affectées dans le rapport à leur corps : selon des documents internes du groupe Meta, 32 % des adolescentes ont déclaré que lorsqu’elles se sentaient mal dans leur corps, ce réseau les faisait se sentir encore plus mal ([3]).

D’autres enquêtes confirment que l’utilisation des réseaux sociaux est plus fortement liée à une mauvaise santé mentale chez les adolescents et les jeunes pendant deux périodes particulières : les années qui entourent la puberté et lorsqu’ils sont sur le point de quitter le foyer familial, des moments de fragilité potentielle ([4]).

Il n’existe pas, pour l’heure, d’étude française relative à l’usage des réseaux sociaux et aux troubles mentaux chez les adolescents. La présente proposition de loi vise à y remédier en demandant au Gouvernement de produire un rapport remis au Parlement sur le sujet.

Il est en revanche établi que l’âge moyen d’obtention du premier smartphone est compris entre 9 ans et 10 ans dans l’hexagone ([5]). Quant à l’inscription sur les plateformes sociales elles‑mêmes, en 2021, 63 % des moins de 13 ans avaient un compte sur au moins un réseau social ([6]) – un chiffre sans doute sous‑évalué. Il s’agit là d’une violation des conditions générales d’utilisation des principales plateformes concernées, qui stipulent que l’inscription y est permise à partir de 13 ans.

Par ailleurs, les parents ignorent souvent le contenu de la vie numérique de leurs enfants et ne supervisent pas leur activité. Ils sont ainsi à peine plus de 50 % à décider du moment et de la durée de connexion de leurs enfants ([7]), et 80 % déclarent ne pas savoir exactement ce que leurs enfants font sur Internet ou les réseaux sociaux ([8]).

Pour ces jeunes qui y ont accès quotidiennement dès le plus jeune âge, de multiples dangers se font jour : des risques « primaires », qui découlent de l’utilisation de réseaux conçus pour retenir l’attention ‑ addiction aux écrans, problèmes de sommeil, insatisfaction liée au niveau de vie ou au physique ‑ et risques « secondaires », potentiellement générés par les interactions avec d’autres utilisateurs – entre autres, le cyberharcèlement ou le revenge porn. Autant de risques générateurs de troubles psychosociaux, notamment des troubles de l’humeur, de l’anxiété, ou encore de dépression, qui peuvent aboutir à des issues dramatiques.

Ces esprits, particulièrement vulnérables car en construction, sont confrontés à l’intérêt économique des plateformes visées : maximiser la durée d’utilisation de leurs services par les individus, peu importe leur âge. C’est le « marché de l’attention », une sollicitation optimisée du cerveau humain par le biais d’algorithmes, qui engendre une recherche constante de nouveaux contenus numériques à des fins de stimulation cérébrale. Le même mécanisme serait à l’œuvre dans le cas des addictions aux drogues. Le témoignage récent d’une adolescente de 17 ans illustre cela : « TikTok, pour nous, c’est un peu comme le tabac pour l’ancienne génération. On essaye de décrocher, mais on tient une semaine. » ([9])

Les réseaux sociaux ont donc des externalités négatives majeures sur les plus jeunes. Il est du devoir du législateur d’intervenir pour fixer un âge, seuil de maturité nécessaire à partir duquel un mineur est apte à pouvoir s’inscrire seul, avec un consentement éclairé, sur une plateforme sociale. En‑dessous de ce seuil, les plateformes devront recueillir la preuve de l’autorisation d’au moins un des titulaires de l’autorité parentale. Afin d’offrir une plus grande intelligibilité à cette disposition, le présent texte propose de fixer ce seuil à 15 ans, tel que prévu dans la Loi Informatique et Libertés en matière de consentement aux traitements de données à caractère personnel.

Outre l’aspect de santé publique, l’introduction de cette majorité numérique en droit français serait également une avancée concrète à même de faire reculer le cyberharcèlement entre jeunes.

Dans le cadre scolaire, ce phénomène concerne essentiellement, mais pas seulement, les élèves du collège et du lycée. Ainsi, selon la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), un collégien sur quatre a été confronté au moins une fois à des situations relevant de cyberharcèlement. Qui plus est, le cyberharcèlement revêt à nouveau une dimension sexiste accrue : parce qu’il comporte souvent une connotation sexuelle ou en rapport avec le corps, les jeunes filles y sont cinq à six fois plus confrontées que les garçons ([10]). Un chiffre illustre les conséquences de ces agissements : près de 30 % des parents déclarent que leur enfant a déjà pensé au suicide du fait de ces comportements ([11]).

C’est pourquoi il est nécessaire d’étoffer notre arsenal juridique pour accélérer considérablement le travail des enquêteurs dans le cadre des plaintes déposées pour les cyberdélits commis par le biais de services de communication au public en ligne, ce qui contribuera à réduire in fine le sentiment d’impunité sur internet.

L’article 1er propose d’inscrire, au sein du code des postes et communications électroniques, une définition des réseaux sociaux reprenant celle figurant au sein du Digital Markets Act (DMA), première définition juridique des réseaux sociaux.

L’article 2 de cette proposition de loi instaure une majorité numérique, fixée à 15 ans pour l’inscription et l’utilisation des réseaux sociaux notamment, sauf autorisation expresse de l’un des titulaires de l’autorité parentale. Les opérateurs de plateformes en ligne sont tenus de faire respecter cette obligation, selon des modalités définies par décret en Conseil d’État.

L’article 3 vise à instaurer un délai fixe, de 48 heures, dans lequel les opérateurs de plateforme en ligne sont tenus de répondre aux réquisitions judiciaires effectuées dans le cadre d’une enquête préliminaire ou d’une enquête de flagrance. En l’absence de réponse, ces opérateurs s’exposent à une amende ne pouvant excéder 1 % de leur chiffre d’affaires, conformément au montant fixé par le règlement européen sur les services numériques du 19 novembre 2022.

L’article 4 demande, au Gouvernement, la remise d’un rapport présentant les conséquences de l’utilisation des réseaux sociaux sur le bien‑être et la santé mentale des jeunes, notamment des mineurs.

Notes

([1]) Teen Mental Health Is Plummeting, and Social Media is a Major Contributing Cause, testimony of Jonathan Haidt, 4 mai 2022.

([2]) Social Media Use and Adolescent Mental Health: Findings From the UK Millennium Cohort Study, Yvonne Kelly, Afshin Zilanawala, Cara Booker et Amanda Sacker, The Lancet, 2019

([3]) Facebook Knows Instagram Is Toxic for Teen Girls, Company Documents Show, Wall Street Journal, 14 septembre 2021.

([4]) Windows of developmental sensitivity to social media, Amy Orben, Andrew K. Przybylski, Sarah-Jayne Blakemore et Rogier A. Kievit, Nature communications, 2022

([5]) Étude « La Parentalité à l’épreuve du numérique », Médiamétrie, février 2020

([6]) Enquête « Les pratiques numériques des jeunes de 11 à 18 ans », Génération Numérique, 2021

([7]) Enquête « Les pratiques numériques des jeunes de 11 à 18 ans », Génération Numérique, 2021

([8]) Étude de l’association e-Enfance et Caisse d’Épargne sur le cyberharcèlement des jeunes, octobre 2021

([9]) « Mon cerveau “swipe”»: la génération TikTok face aux pièges des réseaux sociaux », Le Figaro, janvier 2023

([10]) Rapport d’information sur le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement sur harcèlement scolaire et cyberharcèlement : mobilisation générale pour mieux prévenir, détecter et traiter, septembre 2021

([11]) Cyberviolence et cyberharcèlement : état des lieux d’un phénomène répandu, sondage Ipsos, novembre 2021.

Article 1

L’article L. 32 du code des postes et communications électroniques est complété par un 34° ainsi rédigé :

« 34° Service de réseaux sociaux en ligne.

« Plateforme en ligne permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne, de publications, de vidéos et de recommandations. »

Article 2

Les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, quel que soit leur lieu d’établissement, sont légalement tenues de faire obstacle à l’inscription à leurs services par des mineurs de moins de quinze ans, sauf recueil exprès du consentement de l’un des titulaires de l’autorité parentale.

Un décret en Conseil d’État détermine les modalités d’application du présent article.

Article 3

Le code de procédure pénale est ainsi modifié :

1° L’article 60‑1 est ainsi modifié :

a) Après le premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Pour les entreprises de service de réseaux sociaux en ligne au sens de l’article L. 32 du code des postes et communications électroniques, quel que soit leur lieu d’établissement, le fait de s’abstenir de répondre à cette réquisition dans un délai de 48 heures est puni d’une amende ne pouvant excéder 1 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise » ;

b) Au deuxième alinéa, après la référence : « 56‑5 », sont insérés les mots : « et les entreprises mentionnées au deuxième alinéa ».

2° Au deuxième alinéa de l’article 77‑1‑1, les mots : « du second alinéa » sont remplacés par les mots : « des deuxième et troisième alinéas ».

Article 4

Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport présentant les conséquences de l’utilisation des réseaux sociaux sur le bien‑être et la santé mentale des jeunes, notamment des mineurs.

🚀