🤔Conchyliculture et qualité de l'eau de l'étang de ThauM. Sylvain Carrière appelle l'attention de M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires sur la situation des conchyliculteurs de l'étang de Thau et plus largement de l'ensemble du territoire national. L'étang de Thau compte 700 conchyliculteurs qui produisent chaque année plus de 20 000 tonnes de coquillages. Ces agriculteurs de la mer participent à la valorisation du territoire et à nourrir la France, mais pourtant ils sont soumis à des événements qu'ils ne peuvent maîtriser. À la différence d'autres filières agricoles, le principal risque qui plane sur leur activité n'est pas le changement climatique mais bien la qualité de l'eau. En décembre 2022, une contamination au norovirus a ainsi rendu impropre à la consommation l'ensemble des coquillages du bassin de Thau. 40 % de chiffres d'affaires en moins et des mois de bataille pour obtenir des indemnisations afin de ne pas mettre la clé sous la porte. Ce risque sanitaire, en plus d'être économique, perdure aujourd'hui. Et pour cause, le réseau d'assainissement des communes limitrophes à l'étang de Thau est obsolète. Ainsi, à Sète, 36 km du réseau d'assainissement sont unitaires. Les eaux usées et les eaux pluviales se retrouvent dans la même canalisation. En cas de fortes précipitations, comme ce fut le cas en 2022, le réseau est donc saturé et s'écoule vers l'aval du bassin versant qu'est l'étang de Thau. Les 71 millions d'euros engagés dans la construction d'une nouvelle station d'épuration sont annihilés par le manque de volonté de la collectivité à s'engager dans une réelle rénovation du réseau d'assainissement. Le principe pollueur-payeur doit être respecté et pas, comme c'est le cas actuellement, pénaliser uniquement les professionnels de l'étang de Thau. 30 % des zones allouées à la culture de coquillage sont déjà vides. Il n'y a pas d'horizon heureux pour les conchyliculteurs, qui doivent quémander pour des dédommagements de sinistres qu'ils ne peuvent prévenir. Le métier se meurt. Ainsi, il souhaite savoir ce qu'il compte engager afin de garantir une qualité de l'eau conforme avec la pratique de l'activité conchylicole dans l'étang de Thau ; c'est un enjeu de sécurité sanitaire pour l'ensemble des consommateurs.